CSF - Coeurs sans frontières - Herzen Ohne Grenzen

mercredi
22 mai 2013
Accueil > Vie de l'Association > Rencontres
Rencontres
Réunion Montilienne

Les adhérents de la région Sud-est se sont réunis pour la 4ème année consécutive chez leur déléguée Jeanne Vinas. Les 25 personnes présentent ont contribué à cette rencontre fort amicale, certains venaient de loin : Alpes-Maritimes, Gard et même de l’Yonne. Au cours de conversations fraternelles les échanges concernant les recherches en cours ont occupé une grande partie de la journée. Il est si rare de pourvoir parler sans contrainte avec la certitude d’être compris !

Un repas au restaurant et une visite au palais des bonbons (http://www.palais-bonbons.com). pour la convivialité et la distraction, puis hélas les au revoir et l’attente avant la prochaine réunion chez Jeanne le 15 juin 2013.

Quelques témoignages :

Un grand merci pour votre accueil chaleureux et généreux. Superbe rencontre. Encore Merci. Pascal.

Encore mille fois merci pour votre accueil et votre générosité. La journée d’hier était vraiment superbe et très réussie. Bravo pour l’organisation. Toutes les personnes présentes étaient très intéressantes et l’histoire de chacune est très émouvante. Nous sommes ravis de ces bons moments passés ensemble. A bientôt. Bien amicalement. Philippe et Marie-Françoise

Merci pour cet accueil si chaleureux. Fernande

120811LQ050A

 
Rencontre régionale Sud-Ouest

La rencontre régionale s’est tenue le 26 mai 2012 à St André de Lidon chez Jacques et Geneviève.

Rendez-vous à 9h30 Place de la Mairie pour se rendre chez eux comme l’an dernier.

Cette année, le temps étant incertain, la réunion a débuté dans leur séjour, car nous étions peu nombreux (sept personnes). Les autres, venant de plus loin arrivèrent ensuite.

Au total nous étions treize, dont trois nouvelles :

- Anne-Marie de Sarlat, -Mireille d’Eysines, Marie-France de Meschers,

Les discussions vont bon train jusque vers midi.

Puis nous prenons l’apéritif (Pineau des Charentes comme il se doit) et jus de fruits, goûtons la spécialité aux orties de Geneviève, très appréciée, puis nous faisons petit un tour dans leur parc superbe et magnifiquement entretenu.

Nous nous sommes rendus au restaurant « Le petit gourmand » à Cravans, à quelques kilomètres de Saint André de Lidon, tenu par un couple de jeunes très sympa venu du nord de la France et récemment installé dans ce village. Le repas fut excellent.

Puis nous sommes retournés chez Jacques et Geneviève, assis confortablement sous le tivoli, à discuter avec animation autour de jus de fruits et tranches de cake.

Ensuite nous fûmes enchantés de faire un grand tour guidé du parc pour admirer le jardin botanique et fleuri de nos amis, avec un agréable petit ruisseau qui serpente… (photos jointes).

Retour au tivoli avant le départ vers les 18 heures, après échanges de mails, numéros de téléphone, documents, embrassades…

Ce fut vraiment très convivial.

Merci Geneviève, Josiane, Jacques, Serge et Henri.

Francis

120715LQ037A

120715LA037B

Mise à jour le Lundi, 16 Juillet 2012 12:32
 
Die Berliner sind simmer da !

Du mardi 24 au jeudi 26 avril 2012, pour la troisième année, un groupe d’adhérents de Cœurs sans frontières s’est retrouvé à Berlin pour ce voyage annuel qui est devenu une tradition. Die Berliner sind immer da ! Les Berlinois sont toujours là !

Certains sont arrivés au Quality Hôtel dès le dimanche 22 au soir. Les autres ont rejoint cet établissement dans la journée du lundi 23. Certains ont participé aux deux voyages précédents, d’autres seulement à celui de 2011, et quelques uns viennent pour la première fois au voyage de notre association et parmi eux certains ne connaissent pas Berlin. Ceci dit, ce sont tous des participants à part entière, il n’y a pas, là non plus, de hiérarchie.

Compte tenu de l’indigence de la carte du restaurant de notre hôtel, le groupe au grand complet se rend, et, là aussi, c’est devenu une tradition, au restaurant Croate situé à quelques centaines de mètres de là. Petit changement, seulement de façade, l’Arosa Eck a fait place au Villa Croatia. Mais à l’intérieur, rien n’a changé si ce n’est la disparition de la grande table centrale où nous avions quelques souvenirs. La carte, riche et attrayante est toujours la même, le personnel a changé, encore qu’un soir un serveur de l’an dernier, celui qui avait à coeur de nous parler un petit peu en français, a été aperçu. Le groupe se retrouvera pratiquement tous les soirs dans ce sympathique et accueillant restaurant.

Le mardi 24, et, là encore, c’est devenu une tradition, les participants à ce troisième voyage se rendent, le matin, avec la ligne 8 du U-Bahn, au 179 de l’Eichborndamm, c’est à dire à la WASt (Archives de la Wehrmacht). Pour nous, les enfants de la guerre, cet organisme, où sont soigneusement archivés et étudiés 18 millions de dossiers militaires est un véritable lieu de pèlerinage, dans le sens second du terme, voyage fait pour rendre hommage à un lieu. Comme chaque année, nous sommes accueillis avec chaleur par Monsieur Le Directeur de la WASt, Monsieur Hans-Herman Soechtig et par Madame Marie-Cécile Zipperling qui nous accompagnera toute la journée. La visite de la WASt est toujours un grand moment. Le passage dans ces grandes salles où reposent des millions de dossiers, à l’ambiance feutrée, à l’odeur caractéristique est ressenti avec beaucoup de respect, de tristesse et d’émotion. Dans chaque dossier il y a une personne, une vie, des évènements heureux ou dramatiques, chacun d’entre eux mériterait de faire l’objet d’un récit... Le passage par le service où sont regroupés des petits objets personnels, recueillis à l’occasion de fouilles ou de circonstances diverses, est particulièrement bouleversant. Il y a là, des plaques militaires, des montres, des gourmettes, des petites photos et autres objets qui ont tous une histoire. Avec patience, des membres de la WASt tentent d’identifier les propriétaires de ces souvenirs et de contacter les proches de ces disparus.

Après le repas pris en commun dans le restaurant d’entreprise de la WASt, c’est le départ, toujours en U-Bahn, pour l’Alexander Platz. Plus précisément devant le Rotes Rathaus, la « mairie rouge » construite entièrement en brique rouge. C’est là que nous attend le bus qui va nous conduire, durant deux bonnes heures, dans Berlin. Tout comme la visite de la WASt, ce tour de Berlin en bus est incontournable. Excellente « mise en bouche » pour ceux qui ne sont jamais venus à Berlin, il est à conseiller même aux « Berlinois » qui connaissent déjà cette belle ville. Chaque année, le circuit varie et le guide du moment apporte sa touche personnelle. Cette année, notre guide est une française. (Il y a beaucoup de français à Berlin). Sous un ciel malheureusement un peu tristounet, une grande partie des beaux aspects de Berlin nous sera commentée avec compétence et bonne humeur par notre charmante guide.

Après cette découverte, ou cette révision, selon le cas, dans la tradition allemande, certains participants se retrouvent dans des salons de thé où sont proposées des pâtisseries copieuses et appétissantes. Puis la journée s’achève dans le quartier rénové d’ Hackescher Markt où de nombreuses boutiques regorgent de trésors. Quelques uns d’entre nous terminent cette journée dans une magnifique brasserie, au décor raffiné, située sous la station de S-Bahn Hackescher Markt.

Le parfait déroulé de cette belle journée est dû à Madame Marie-Cécile Zipperling. Ceci pour l’organisation de la visite de la WASt, bien sûr, mais aussi pour la commande du bus. Marie-Cécile, comme chaque année, nous aura accompagnés toute la journée, dont l’après-midi sur son temps personnel. Qu’Elle en soit, à ce titre, chaleureusement remerciée.

Pour le reste du séjour, certains avaient souhaité avoir quartier libre, d’autres préférant que l’on leur propose un programme. Grâce à Jean Thieser, une très belle sélection de thèmes de visites leur a été offerte.

Le mercredi 25, le matin, un groupe part visiter le camp de Sachsenhausen-Orianenburg de sinistre mémoire. Un autre groupe investit le Bundestag. Lieu chargé d’Histoire lui aussi. Le 25/02/1933, alors que cet imposant bâtiment abritait le Reichstag, survint l’étrange incendie que les Nazis imputèrent aux Communistes et les mirent hors la loi. Depuis la somptueuse coupole en verre, construite en 1999 par l’architecte britannique Norman Foster, la vue sur Berlin est magnifique. Cette superbe capitale semble constituée de verdure, de cours d’eau et de lacs avec quelques constructions au milieu...

L’après-midi, certains se retrouvent sur un bateau effectuant le tour de la ville en empruntant la Spree et le Landwehrkanal. D’autres visitent le très réputé jardin zoologique. Certains auront la malchance de s’y rendre pendant la sieste du panda...

Le jeudi 26 se déroule dans le même esprit. Des petits groupes se constituent et partent découvrir des lieux aussi divers que le fameux Checkpoint Charlie ou le Musée des techniques et des transports. Le système fonctionne bien et chacun aura pu, lors de ce court séjour à Berlin, voir le maximum de choses, en toute liberté, sans jamais se sentir seul. Les possibilités berlinoises sont très nombreuses. Quelques participants ont assisté, à l’Opéra de Berlin, à la représentation de Lohengrin, de Richard Wagner. Lohengrin, Fils de Perceval, surnommé « le Chevalier au cygne » dans cette légende allemande datant de 1250, est condamné à ne jamais divulguer son identité....on est loin de ceux qui veulent disséquer et commenter les racines de certains enfants de la guerre.

Chaque soir, après ces journées bien remplies, tout le groupe se retrouve dans ce sympathique restaurant croate déjà évoqué. Les petites tables de six ou huit couverts se remplissent et le niveau sonore, observé dans la salle, en dit long sur le besoin de chacun de faire profiter les autres de l’expérience de sa journée écoulée.

Hélas, ce séjour très réussi s’achève déjà. Le petit déjeuner du vendredi 27 est déjà là ! Dans ce Quality Hôtel où le confort et la propreté sont remarquables, si la carte du restaurant est un peu légère, le petit déjeuner, le Früstuck est excellent. Chacun dispose d’un buffet où sont présentées des salades de tomates, choux rouges, concombres. Puis ce sont les céréales, suivies des fruits et des salades de fruits. C’est alors le tour des crèmes, yaourts et fromage blanc. Vient ensuite le plateau de charcuteries variées, suivi de celui de fromage. Chaque jour, quelques plats cuisinés chauds sont proposés, omelettes, rôtis, petites saucisses, bacon grillé, pommes de terre rissolées et oeufs à la coque. C’est enfin le tour des viennoiseries, confitures et, bien sûr, quatre sortes de jus de fruits. Sur table, le café, le thé et le lait sont proposés à volonté.

C’est alors le moment des adieux. On se dit au revoir, on s’embrasse puis on revient, on échange quelques mots puis on se salue à nouveau. On semble vouloir figer le temps et faire en sorte que ces très bons moments vécus ensemble ne finissent pas.

Ce voyage aura été un bon crû. La richesse des sites visités et la très bonne ambiance au sein du groupe y ont contribué. Bien sûr, comme à chaque fois, on parle déjà de l’édition 2013......

Le Quality Hôtel a pour clientèle des groupes mais aussi du personnel de compagnies d’aviation. L’aéroport de Tegel ferme définitivement en Juillet 2012. « Notre » hôtel risque donc, sinon de disparaître, du moins d’évoluer.

Le principe d’une quatrième édition du voyage annuel de Coeurs sans frontières semble souhaité par un certain nombre de participants. Il y a toujours beaucoup de lieux à voir ou à revoir à Berlin. Cela va de la visite d’un authentique bunker en pleine ville au magnifique château de « Sans souci » à Postdam en passant par une balade en Trabant.

Chacun repart vers ses pénates, sauf deux adhérents heureux qui vont vivre des heures exceptionnelles en découvrant et en serrant pour la première fois dans leur bras, leur Famille Allemande !

Deux recherches qui aboutissent, merci à Coeurs sans frontières.

Merci encore à Marie-Cécile Zipperling et à Jean Thieser pour leur aide précieuse dans l’organisation de ce très réussi séjour berlinois.

Jean WILLEMIN 14/05/2012

120520LQ028A

Visite au Reischtag

Mise à jour le Mercredi, 30 Mai 2012 13:58
 
Cœurs sans Frontières en Australie

Passant les fêtes de fin d'année chez notre fille, Karine, actuellement à Sydney, Francis CRITON, notre administrateur et délégué régional pour l'Australie, est intervenu pour que je puisse rencontrer Gilbert GOURVIL et son épouse Monique qui y résident depuis 1971.

Nous avons passé une journée ensemble en évoquant nos histoires familiales qui, comme pour beaucoup d'entre-nous, se ressemblent. Ce passé nous rapproche instinctivement.

Gilbert et Monique m'ont fait découvrir une partie de Sydney me permettant ainsi de mieux connaître le mode de vie des Australiens. Journée superbe, enrichissante dont je garde un souvenir émouvant.

De notre passé douloureux, il nous reste, une amitié naissante de part et d'autre du globe.

Jean-Pierre CAPRON – Saint Nazaire.

120118LQ005

De gauche à droite : Jean-Pierre - Gilbert

120118LQ005A

 
Des enfants de la guerre à Villers-sur-Mer

C’est à Villers-sur-Mer, sur la Côte Fleurie, entre Cabourg et Deauville, que s’est tenue la première réunion de la région Grand Ouest.

Ce mardi 20 septembre 2011, les plus matinaux se retrouvent autour d’un café et, dès dix heures, c’est un groupe de treize adhérents qui occupe le « Pigeonnier », mis à notre disposition par la résidence Castellamare. Moment de retrouvailles pour certains, qui avaient déjà lié amitié à Berlin ou lors d’une Assemblée Générale. Pour d’autres, c’est le plaisir de mettre un visage sur un nom.

Très vite, dans la plus parfaite convivialité, Michel propose à chacun de prendre la parole : les récits spontanés s’entrecroisent, des expériences douloureuses aux histoires plus douces, des témoignages de recherches semées d’embûches à des rencontres réussies avec la famille allemande.

Au-delà de la diversité des situations, nous nous reconnaissons fraternellement, enfants de la guerre et de la paix. Tous, nous avons vécu le secret, le non-dit, le silence des mères et le refus de réponse de l’entourage. Un livre passe de main en main « Les taiseux » ou le récit d’une vie consacrée à chercher un père. Ce texte très personnel de Jean-Louis Ezine, qui se situe précisément dans la région, donne le ton dès la première page : « Pour commencer, lui avait un père, tandis que moi, je n’ai eu que le manque. Tout, depuis toujours, a gravité autour de ce trou noir ».

 

Le déjeuner, au restaurant Castellamare, nous permet de poursuivre la conversation, tout en appréciant un repas où la pomme est reine. Des parents et amis allemands d’un adhérent viennent partager le café et se joignent un moment à nos échanges.

L’après-midi suffira-t-elle à épuiser la soif de se raconter, de libérer la parole, de mieux se connaître ?

Avant de nous séparer, rendez-vous est déjà pris pour 2012, cette fois chez nos amis bretons.

Hélène Le Tat

 

Attentifs

 

111026LQ076A

 

et studieux

 

111026LQ076B

 

Sans oublier les réjouissances !

 

111026LQ076C

 
Voyage berlinois 2011

Réactions de 3 participants

 

PREMIER SEJOUR A BERLIN

Dominique Messier, Tochter des Gefreiten Karl Willi Weck, geboren 21.7.1924 in

Solingen (Ruhr) - 26. April 2011

 

Alors voilà : Berlin et moi c’est un rêve de père : mon père me dit, dans un rêve que je fais souvent : «j’habite Berlin, on va se voir bientôt, je vais te donner mon adresse, on va se rencontrer…»

 

Je me réveille et dans mon lit, il y a mon Teddy Bär…le cadeau de mon père, à moi, bébé. Le même, presque, que celui exposé dans le Musée Juif…

Je l’ai toujours : il en a tant entendu, sur la rencontre inoubliable que je ferai, il en a tant entendu qu’il est tout élimé, usé, fatigué, par mes pleurs et mes confidences

 

110430LQ038A

 

Et je suis venue à Berlin, grâce à cette association sortie du néant pour moi en 2007.

 

Et j’ai trouvé des marraines et des parrains pour m’accompagner, tremblante.

 

Je remercie Jean-Jacques et Jean-Paul

Je remercie Marcelle et Eric

Je remercie Catherine et Jean

 

Je salue particulièrement Josiane à qui j’envoie ce que j’ai de force pour l’aider à s’opposer à la maltraitance passée et présente. Mettre en échec la méchanceté gratuite !

 

Chacun se reconnaîtra pour l’amitié précise et bienveillante qu’ils m’ont donnée dans ce projet.

 

Je me souviendrai toujours de ma promenade lundi 11 avril 2011 dans ce Berlin d’Alexander Platz jusqu’à l’Insel Muséum (et le Reichstag), île que je croyais verte mais qui est toute de pierre et de travaux vêtue. Et puis après, le mardi, les archives de la Wast, si touchante par son côté vieillot, humain, fourmillant, adorable. Les employées qu’on a croisées avec leurs sourires, leurs fiches, leurs boîtes pleines de souvenirs, de douleurs, d’amour, de mort, de poussières.

 

110430LQ038B

 

Et cette Wehrmacht qui a accompagné hélas les nazis, sans elle, ils n’auraient rien pu faire. Hélas pour nos pères qui se sont trouvés obligés de servir, qui savaient qu’ils seraient collés au mur s’ils résistaient…hélas, hélas. Mon père retournant à Solingen dans la Ruhr en 1954 pour la première fois (il s’était marié deux fois de suite avec une française) s’enferma dans la cuisine de la maison familiale et raconta à sa mère Anna Weck, ma grand-mère nazie à laquelle je ressemble, le massacre d’Oradour sur Glane : « tu vois, Maman, ce qu’ils ont fait, tes nazis…».

 

Si je n’ai pas trouvé mon père, hélas, qui repose dans un cimetière de Colombes sur Seine, j’ai trouvé des gens comme moi, des humains, de la joie, de la tristesse, tout ce qui fait qu’on est ensemble.

 

J’ai beaucoup marché à pied, photographié, regardé, épatée de cette ville. Je sais qu’il est facile de faire de la poésie sur des impressions, mais j’aime cette double et quadruple ville, ces constructions de tous les âges…et leur proximité simple. Si l’humanité pouvait co-exister comme cela…simplement, en se regardant avec ses différences, en admirant ces différences et en répétant : jamais plus, jamais plus, jamais plus de racisme et de torture, jamais plus de mur, on partage tout. Jamais plus de maltraitance des enfants qui n’ont pas demandé à vivre. La terre est à tous, sans frontières.

 

Mon père n’a jamais vécu à Berlin, je ne sais même pas s’il y a mis un pied. Mais dans mon rêve de petite fille, ce père, si important, ne pouvait être ailleurs qu’à Berlin…la ville capitale du Reich.

 

J’ai vibré en 1989, enceinte de ma fille Louise, devant la chute du Mur. Je me suis sentie allemande et Berlinoise…il ne me manque que les mots de la langue de mon père…J’ai pleuré au soixantième anniversaire du Débarquement en Normandie, alors qu’on scellait la réconciliation officielle entre l’Allemagne et la France, et qu’aucune place ne nous était faite officiellement.

 

Je n’oublierai jamais ce que j’ai vu et je souhaite y retourner : la porte de Brandebourg et ses animations, le ruban Européen, Saint Nicolas Kirche, le Berlin Ouest par les vitres du bus….etc.

 

Je n’ai pu pénétrer plus de 10 minutes dans le Musée Juif ; j’ai trop porté la culpabilité d’être une enfant de Boches, dont le père a peut-être indirectement ou directement appuyé les Sonders Kommandos, les trains de la mort. Trop lourd pour une petite personne ….Pitié pour les petites personnes.

 

Ce musée est «refoulant» dès l’entrée, comme si on voulait nous déstabiliser….Il faut expliquer aux candidats à la visite, comment cela se passe avant de les y envoyer….les histoires de vestiaires, le plan topographique du Musée…

 

Bref, j’ai botté en touche. Je sais tout là-dessus et je ne pense pas qu’un Musée de plus aurait amélioré ma compréhension de la Shoah.

 

110438LQ038C

 

Pourquoi me torturer moi, alors que certains, tous les jours, construisent un Mur contre un autre peuple, faisant à ce peuple ce qu’on leur a fait…..avec moins d’industrialisation, certes, c’est une guerre presque propre, on soigne même des Palestiniens dans les hôpitaux israéliens…. marvellous, is’n it ?

 

L’humanité est bête.

 

Est une bête.

 

Les hommes sont quelque fois merveilleux, heureusement.

 

Voilà……

 

WIR SIND NOCH MEHR BERLINER

Jean Willemin - 07/05/2011

 

Depuis un an, on ne parlait que de lui, il s’agit bien-sûr du voyage à Berlin en Avril 2011. Celui de 2010 avait eu un tel succès que cette nouvelle édition ne pouvait qu’être aussi réussie. Ce fut le cas.

Et c’est vrai, wir sind noch mehr Berliner, nous sommes encore plus berlinois.

 

Si le contexte des deux voyages est très différent, d’une vingtaine de participants on est passés à une quarantaine, l’ambiance est toujours la même, avec la même convivialité, la même camaraderie.

 

110430LQ038K

 

La soif de se retrouver dans cette superbe capitale se traduit dès le dimanche 10 au soir, où, alors que la partie « organisée » ne débute que le mardi 12, environ deux tiers des participants à cette équipée occupent déjà les lieux.

Après la rituelle prise de possession des chambres retenues au Quality Hôtel, c’est une trentaine d’Amis qui se dirige, d’un pas décidé, vers le restaurant Arosa Eck, présentant sa « Deutsch und Kroatische Küche », cuisine Allemande et Croate.

Soirée de retrouvailles pour les «ancien» et prise de connaissance pour les «nouveaux ». C’est toujours un moment d’une grande richesse.

 

Le lundi 11, est la journée d’arrivée des derniers candidats à cette belle mais éphémère aventure. Mais, parmi ceux qui sont déjà sur place, un groupe décide d’aller dans Berlin. Aussitôt dit, aussitôt fait.

A pied, en longeant le très romantique Schäfersee, direction la station de U-Bahn (métro souterrain) Franz Neumann Platz Am Schäfersee, puis, par la ligne 8, direction Alexander Platz. Ce point de ralliement, coeur de Berlin, situé sur l’ancien secteur soviétique, se distingue par sa célèbre tour de la télévision.

 

110430LQ038D

 

De là, notre quinzaine de comparses, se promène tranquillement, atteint l’imposante cathédrale Berliner Dom. Puis c’est la célèbre avenue Unter den Linden (sous les tilleuls) pour se retrouver à la Porte de Brandeburg. Après avoir déjeuné sur place, notre équipe poursuit son escapade par la Französiche Strasse, prend une collation sur une agréable terrasse au bord de la Spree et rentre à l’hôtel.

 

110430LQ038E

 

Mais quatre curieux poursuivent leur découverte de Berlin en se rendant à la Kunsthalle, squatt qui, depuis vingt-cinq ans, abrite des artistes marginaux, s’exprimant en toute liberté et présentant des trésors d’art contemporain. Cet ensemble, indispensable à l’expression de la culture, est menacé par un projet immobilier.

Le groupe, au grand complet, se retrouve à l’hôtel, autour de grandes tables, pour son premier dîner en commun.

 

110430LQ038F

 

Le mardi 12, chacun peut constater que le Frühstück (petit déjeuner à l’Allemande) est toujours à la hauteur. Puis c’est le départ pour l’incontournable visite de la WASt. Dans ce haut lieu de mémoire, où se trouvent les archives de la Wehrmacht, sont méticuleusement répertoriés dix huit millions de dossiers !

Nous sommes accueillis, comme d’habitude, avec chaleur et professionnalisme par Marie-Cécile Zipperling.

Le Directeur de la WASt, puis Marie-Cécile, prononcent quelques mots de bienvenue mais regrettent l’absence de notre Président, Jean-Jacques.

La visite de ces archives est toujours aussi émouvante et impressionnante. Beaucoup parmi nous passent, parfois sans le savoir, à côté du dossier d’un Père qu’ils ne connaîtront peut-être jamais...

Après le non moins traditionnel repas au restaurant d’entreprise de la WASt, départ, en métro, pour...l’Alexander Platz. C’est de là, près de la Berliner Rathaus (Mairie appelée aussi la mairie rouge) que part le bus qui va nous permettre de revoir ou connaître Berlin. Ceux qui avaient déjà fait cette découverte il y a un an, ont eu raison de revenir. Un guide différent a organisé des arrêts devant les points remarquables et son commentaire, d’une grande richesse, dans un français parfait, a rendu magique cette promenade.

Comme à l’accoutumée, Marie-Cécile nous conduit dans un ancien quartier juif, reconstruit dans un style « stalinien », typique, plein de boutiques et de façades rénovées.

Retour à l’hôtel, sauf pour quatre irréductibles qui préfèrent terminer la journée dans une magnifique brasserie située sous le S Bahn (métro aérien).

 

Le mercredi 13 est une journée dite libre. Un groupe de quarante personnes étant malaisé à gérer, cette formule est très pratique. Ainsi se constituent des petits groupes, par affinités, par préférence pour certaines visites.

C’est ainsi qu’un certain nombre de participants part visiter le Musée Juif.

D’autres optent pour le Musée de la DDR (Deutsche Demokratiche Republik). Ces entités se retrouvent ou se croisent au hasard de la journée.

On voit même une bande de sept mordus se précipiter vers un organisme de circuits dans les rues de Berlin en Trabant ! Quelle expédition.... Cette voiture typique de l’Allemagne de l’Est se distingue par sa petite taille, un moteur faible et des équipements simplifiés.

On la conduit personnellement en suivant une voiture organisatrice qui donne ses directives et commentaires par radio.

Voyant que nous sommes français, l’organisateur nous confie à une charmante guide...lyonnaise résidant à Berlin.

Cette balade dans Berlin en Trabant, quel bonheur... nous sommes comme des gosses.

 

110430LQ038G

 

Un de nos Amis, accompagné de son épouse part visiter la cathédrale Berliner Dom. Il faut savoir que cet homme, à ses heures, est organiste.

Alors qu’il admire le monumental jeu d’orgue, il a le privilège d’assister à des essais d’éclairage de ce dernier.

 

Le jeudi 14 aurait dû être la plus belle journée du voyage. Hélas les conditions météorologiques sont médiocres. C’est sous un ciel très chargé qu’un bus vient chercher notre groupe pour le conduire à Postdam.

Trajet triste avec parfois quelques gouttes de pluie. C’est l’inconvénient de venir à Berlin si tôt dans la saison.

Moment impressionnant à l’entrée de Postdam, notre bus franchit, hélas sans arrêt photos, le Glienicker Brücke. Le nom n’évoque pas grand chose a priori, mais c’est ce fameux pont routier, à l’allure sinistre, où, à l’époque du rideau de fer et de la guerre froide, avaient lieu les échanges d’espions ou de prisonniers entre l’Est et l’Ouest.

C’est alors l’arrêt devant la Porte de Brandeburg ...de Postdam. Monument plus modeste que son homonyme de Berlin.

 

110430LQ038H

 

Là, le groupe se disperse, bien décidé à voir le maximum du fabuleux Château de Sans Souci. Sous un ciel indigne d’une telle beauté, ce superbe monument et son immense parc font la joie des visiteurs. Quelques uns d’entre nous déjeunent dans un charmant restaurant, blotti dans la végétation, en contrebas derrière le château.

Retour en bus à l’hôtel.

C’est là que sont prises, avec l’aide du chauffeur, les traditionnelles photos du groupe au grand complet.

Il reste deux heures avant le diner, c’est plus qu’il n’en faut à trois intrépides pour s’engouffrer dans le bus 128 et se rendre à l’aéroport de Berlin-Tegel. Là, un peu de shopping dans les boutiques, derniers achats et petit tour dans cette ambiance aéroportuaire.

Pour le dernier soir, la bande va diner dans ce restaurant croate, déjà évoqué, où chacun semble disposer de son rond de serviette.

Le maître des lieux, avisé de notre départ le lendemain, a la délicatesse de nous offrir, en apéritif, un crémant croate très apprécié.

On se souviendra de cette longue table, occupant toute la longueur de la salle, où les conversations vont bon train. Autour de lui, chaque convive voit des visages, parfois inconnus il y a cinq jours, sur lesquels il y avait un nom mais où il y a désormais un prénom.

Les conversations, les confidences, les éclats de rire vont bon train. Sans oublier ces trois pince-sans-rire qui jonglent avec les contrepèteries et les calembours.

 

Le vendredi 15 est, malheureusement, déjà le jour du départ. Certains partent en avion depuis l’aéroport de Berlin-Tegel, d’autres regagnent leurs foyers en voiture.

Après le Frühstück, ce sont les embrassades, les derniers échanges de coordonnées, les adieux.

Quelques-uns restent dans la capitale Allemande. Un allant dans sa famille Allemande, un autre allant flâner dans le quartier où a vécu son Père qu’il n’aura pas connu.

D’autres se détendent sur les bords enchanteurs du petit lac, le Schäfersee, à proximité de l’hôtel, malheureusement bercé par le passage des avions.

 

110430LQ038I

 

Cette nuisance devrait disparaître dans environ deux ans, lors de la fermeture de l’aéroport de Tegel, le trafic aérien berlinois aboutissant alors à l’aéroport de Schönefeld.

D’autres se retrouvent dans un des deux cimetières proches de l’hôtel, le Gnaden Kirchhof et le Sankt Johannes Evangelist Kirchhof.

En Allemagne, les cimetières se présentent comme des jardins publics. Parsemés d’arbres, de fleurs, avec des coins parfois sauvages, on y trouve ça et là, des sépultures soigneusement entretenues. On trouve des cimetières dédiés à une confession.

 

110430LQ038J

 

A Berlin, il y a environ cent soixante dix cimetières. Ces lieux de recueillement sont des lieux de vie, on y rencontre des proches de défunts bien sûr, mais aussi des promeneurs et même des écureuils.

Sur une pierre tombale, on peut lire «Ich will schlafen» (je veux dormir).

Le soir, les six survivants du groupe se retrouvent dans le restaurant croate pour le dernier repas.

 

Le samedi 16, c’est fini, après le copieux petit déjeuner, c’est la séparation. Certains quittent l’Allemagne en avion, d’autres par le train. Seule une personne ne partira que le lendemain.

 

Il convient de remercier Jean-Jacques et Jean-Paul pour l’organisation de ce voyage sans faute, même si Jean-Jacques a été contraint de passer la main quelques jours avant. Un grand merci également à Marie-Cécile, qui, outre la visite de la WASt, a organisé le tour de Berlin en bus, la visite du quartier rénové et l’acheminement en bus à Postdam.

 

Le croirez-vous ? Certains rêvent déjà de l’édition 2012 !!!

 

VOYAGE A BERLIN AVRIL 2011

Catherine MAHY – 9 mai 2011

 

J’avais connu le Berlin coupé en deux d’avant la chute du Mur. En effet, entre 1975 et 1980, j’ai eu l’occasion de rendre visite à mon géniteur et à sa famille, étonnamment retrouvés grâce à un enchaînement d’actions solidaires et de hasards très favorables. Mais « notre père », comme disait Barbara, est mort précocement en 1984, et mes liens avec ma demi-sœur se sont peu à peu distendus.

 

Plus d’un quart de siècle après, ayant appris grâce à « Ouest-France » l’existence de l’association « Cœurs sans Frontières », j’ai décidé pour rejoindre mes frères et sœurs symboliques d’y adhérer, mon mari Jean a fait de même, et nous voilà inscrits pour le voyage à Berlin d’avril 2011.

 

Mes objectifs étaient doubles :

-d’une part voir le Berlin transformé, réunifié que mon père biologique, en raison de son décès précoce, n’a pas eu la chance de connaître ;

-mais surtout, me retrouver de façon inespérée parmi mes semblables, enfants de la guerre et de l’ennemi d’alors, alourdis par le poids des secrets et des tabous de famille, victimes de l’ambivalence et parfois de l’agressivité des adultes ; et en profiter si possible, en partageant nos récits et nos émotions, pour renforcer solidairement notre capacité de résilience, de dépassement de ces nœuds mentaux liés à notre naissance, encore présents dans notre psychisme en dépit de notre avancée en âge.

 

Quelques semaines après, avec le recul, je puis dire que de mon point de vue ces objectifs ont été atteints. Le groupe était certes nombreux, près de trente personnes, mais il était possible d’entrer en contact, d’échanger de façon informelle, à bâtons rompus, au hasard des grands petits déjeuners, des sorties, des visites, des dîners au restaurant. Chaque dialogue était accompagné d’émotions partagées. Un moment fort a été pour chacun celui des retrouvailles d’une de nos compagnes de voyage avec sa demi-sœur allemande venue la retrouver à Berlin pour quelques jours. Leurs visages recueillis et leurs mains étroitement mêlées étaient un magnifique symbole, gratifiant pour tous.

 

J’espère rester en contact et poursuivre le dialogue avec plusieurs personnes, en particulier avec celles proches géographiquement, mais pas seulement. Ce nouveau cercle très spécial est une enrichissement inespéré pour moi.

 

En ce qui concerne l’organisation du voyage, nous avons apprécié l’alternance entre les plages organisées et celles de découverte libre. La visite de la WAST et l’accueil à nous réservé ont été inoubliables et riches d’enseignement. De même, sur un autre plan, la visite guidée de Berlin en autocar, et la visite libre de Potsdam.

Peut-être peut-on souhaiter, pour les plages communes, une réduction des temps de flottement, mais il s’agit là de détails secondaires à mon sens.

 

Le voyage à Berlin 2011 de Cœurs sans Frontières a été une réussite. Merci à ses organisateurs.

Mise à jour le Jeudi, 26 Mai 2011 16:06
 
Réunion régionale

Les adhérents allemands et français (région Nord et Est) se sont réunis à Strasbourg le 2 avril 2011.

Une ambiance fraternelle et chaleureuse s’est dégagée tout au long de la journée. Immédiatement chacun s’est senti compris et intégré, content de rencontrer ses semblables et réconforté de constater qu’il est facile, d’enfin raconter son histoire personnelle à ceux qui comme soi, ignorant en raison de la Seconde Guerre mondiale leurs racines paternelles ont entamé un laborieux parcours pour tenter de savoir enfin à qui ils doivent la vie.

Parler après des années de silence, enfin sortir de l’enfermement du tabou est un des pas vers le mieux être des enfants de la guerre.

La journée fut ponctuée de moments forts :

- Monsieur Gasparetto, « Malgré-nous » enrôlé de force dans la Wehrmacht, par son témoignage nous a transporté vers la vie parfois terrible des combattants de la Seconde Guerre Mondiale.

Merci à lui, il est si important que le sort individuel de nos pères, tout comme nos difficultés dues à la guerre ne se noient pas dans l’Histoire avec un grand H.

La guerre est une somme de destins contrariés et de souffrances qui se perpétuent sur plusieurs générations. Il est capital de l’énoncer pour tenter de nous garantir contre ce fléau.

strasbourg 1

- La 1ère rencontre d’Elke allemande avec sa sœur française.

Le père d’Elke faisait parti des Forces Françaises en Allemagne.

Quelle émotion ! Ces sœurs élevées dans l’ignorance l’une de l’autre, se ressemblent tant, au point même d’avoir choisi une orientation professionnelle semblable.

Ce témoignage du possible d’aussi belles retrouvailles à motiver chaque participant pour continuer avec foi sa recherche identitaire.

strasbourg 2

Au premier plan à droite Elke, en face sa sœur,

à côté d’Elke Mme Gasparetto, psychologue et traductrice

- Visite de Monsieur Eric ElKOUBY Conseiller général et adjoint au maire de Strasbourg,

Monsieur Elkouby se déclare intéressé par l’activité de Cœurs sans Frontières et les résultats obtenus.

strasbourg 3

Monsieur Elkouby : 2ème en partant de la gauche

- Madame Marie BRASSARD-GOEG de la Nouvelle Dépêche d’Alsace

rédige un article qui place cette belle rencontre tant dans son contexte tant historique qu’humain.

strasbourg 4

L'Allemande Elke, 54 ans, a rencontré pour la première fois à Strasbourg sa demi-soeur,

la Française Véronique, 43 ans, grâce à l'association « Coeurs sans frontières ».

La quête du père

L'Allemande Elke, 54 ans, a rencontré pour la première fois à Strasbourg sa demi-soeur, la Française Véronique, 43 ans, grâce à l'association «Coeurs sans frontières».

À certaines tables on parlait allemand, à d'autres français et à d'autres encore, les deux langues... Le week-end dernier, l'association Coeurs sans frontières, dont la mission est d'aider les recherches des enfants franco-allemands de la Seconde Guerre mondiale, tenait sa première réunion dans un hôtel strasbourgeois.

L'hôtel se trouve en bordure de l'Ill qui se jette dans le Rhin, si longtemps considéré comme une frontière entre deux pays marqués politiquement par la haine durant trois guerres au XXe siècle...

Pourtant, parce que sous les uniformes battent des coeurs d'homme, bien des soldats français et allemands ont noué des relations amoureuses dans le pays qui n'était pas le leur.

Des milliers d'enfants sont ainsi nés, pas vraiment gâtés par le sort. De longues années, ils et elles ont mis à se construire. Et à l'heure de la retraite, justement alors qu'Internet ignore les frontières, ils partent à la quête du père.

Le mystérieuxlien filial

Franck Roland est le correspondant pour le grand Est de l'association : « Du côté allemand, quand on veut faire des recherches, c'est plus facile, plus ouvert. En France, il y a encore beaucoup de réticences, on ne veut pas de Boche dans la famille ai-je entendu. Ou alors c'est l'incompréhension totale de la démarche. Comme dans cette famille bourgeoise qui a proposé de faire un chèque quand je leur ai parlé d'une Allemande qui pensait avoir retrouvé son père. Elle était médecin à Leipzig et elle croyait au contraire que son père était pauvre... »

Béatrice et Monika sont motivées par autre chose de plus puissant que l'argent, le mystérieux lien filial. Béatrice, née en 1946 à Gengenbach, a une photo d'un jeune militaire français. Il s'appelait Raymond et il était stationné avec son régiment à Ortenberg : « Ma mère est très âgée, pour elle c'est un secret de famille, elle n'en parle pas. »

Les archives des militaires français des troupes d'occupation sont inaccessibles. Monika, prénommée Jeannette à sa naissance par son père français qui l'avait reconnue, a des photos d'elle-même à 18 mois avec ce père, cavalier émérite sur une autre photo : « Heureusement que ma grand-mère les avait gardées, ma mère avait tout détruit ». Monika, 65 ans, sait que son père, Pierre Marchal, est décédé à Nancy voici 7 ans. Elle voudrait tant savoir quel caractère il avait, ce qu'il aimait faire... Elle, fille unique après avoir été adoptée, rêve de rencontrer un demi-frère ou une demi-soeur : « J'ai une fille qui sait parler français, ce serait bien d'entrer en contact avec la famille fran çaise... »

« Nous faisons l'Europe »

Les recherches en Allemagne ont été effectuées grâce au VKSVG e. V, Verein zur Klärung von Schiksalen Vermisster und Gefallener, une association pour découvrir les destins des disparus et tombés au front et dont la devise est « Surmonter le passé ». Qui travaille main dans la main avec « Coeurs sans frontières » dont Franck Roland dit « Nous faisons l'Europe ».

Avec plus d'émotion que les instances officielles comme samedi, lors de la rencontre entre deux demi-soeurs, Véronique, la Française, et Elke, l'Allemande de Fribourg...

Elke est née en 1957. « J'ai cherché mon père pendant longtemps, en faisant des pauses. J'avais une photo de lui et son identité » raconte-t-elle. La recherche a abouti assez vite. La bonne surprise, c'est que l'écho, côté français, a été positif. Il y a eu des mails en anglais et l'aide, lors de la rencontre, de la psychologue Michèle Gasparato, comme interprète bénévole.

Coïncidence

Véronique, née en 1968, vit à Reims et a un frère. Son père, ancien militaire, sait qu'elle a accepté de rencontrer sa demi-soeur pour la première fois à Strasbourg : « C'est forcément un choc pour une famille. On voit des choses qui se passent dans des films mais quand ça arrive dans sa vie... Est-ce que mon père rencontrera Elke ? On a fait connaissance depuis un mois, les chose s évoluent, on verra bien... »

Coïncidence entre ces demi-soeurs qui se ressemblent assez avec leur allure décontractée, la Française est formatrice d'assistantes sociales tandis que l'Allemande est assistante sociale.

Marie Brassart-Goerg

Coeur sans frontières, association franco-allemande des enfants de la Seconde Guerre mondiale, www.coeurssansfrontieres.com ou 06 18 99 50 72, Chantal Le Quentrec, déléguée régionale Allemagne-Autriche

Mise à jour le Mardi, 12 Juillet 2011 16:18
 
Merci Marie-Cécile pour ton accueil


Chère Marie-Cécile,

« La petite bande » de Cœurs Sans Frontières est rentrée totalement enchantée de son voyage à Berlin. Cela grâce à ta disponibilité, à ta présence et à ta gentillesse. Je n’omettrai pas d’évoquer la WASt qui est pour nous un voyage initiatique incontournable.

Tout enfant de la guerre qui pénètre dans ce lieu est saisi d’une réelle émotion. Cet être qui nous aura tant manqué, tant fait défaut est là quelque part dans un rayonnage, dans une boîte, sur une fiche. Pour ceux qui savent qui peuvent y avoir accès, la toucher c’est un peu s’accaparer une partie intégrante d’eux-mêmes, c’est le seul lien qu’il leur reste avec ce père qu’ils n’auront pas connu. Ces derniers sont des privilégiés, auquel j’appartiens grâce à ton travail de fourmi (non par la taille mais par l’immensité du travail que tu as dû accomplir pour reconstituer une bonne partie de cet orchestre…)
Pour celui qui se trouve dans la situation dramatique de la recherche totalement hypothétique c’est cruel. Il sait que la fiche est quelque part néanmoins ce sésame lui restera inaccessible malgré ta, votre, bonne volonté.
Toutes les personnes concernées qui visitent la WASt n’en sortent pas intactes, le trouble émotionnel qui les a emparées  les suivra jusque dans leurs rêves.
Tu peuples aussi leurs espoirs car ils font reposer sur tes épaules une charge bien lourde. Un détail, un presque rien, qu’ils te communiquent, peut faire basculer leur destin. C’est une relation quasi familiale qui se lie avec toi. Par ailleurs tu es comme la « gardienne » de notre temple où dort cet être cher.
C’est ce que ces visiteurs ont, tout comme moi, vécu en ta compagnie lors de la visite de ce lieu. Nous te remercions pour tout ce que tu as pu leur apporter et que tu nous apporteras encore. Même  si ce n’est chez quelques-uns que de l’espoir.

Au-delà de la visite de ce haut lieu de notre Mémoire tu les as accompagnés dans cette ville que tu connais si bien et ont pu la découvrir avec ton regard, ta culture des lieux.

C’est en leur nom, en ma qualité, que je te remercie pour l’accueil que tu leur as réservé. Je souhaite encore beaucoup de moments d’une telle intensité, c’est pourquoi nous réfléchissons déjà à une « expédition » pour 2011 avec d’autres adhérents, je ne doute pas cependant que tu reverras quelques-uns de cette rencontre 2010 !


Je t’assure Marie-Cécile de mon amitié et de ma sincère reconnaissance.
Le président et ami
Jean-Jacques DELORME-HOFFMANN.


Mise à jour le Mardi, 13 Juillet 2010 15:58
 
Wir sind Berliner

 

Ça y est ! Ce voyage à Berlin qu'un certain nombre d'entre nous attendait avec impatience a eu lieu…



Envisagé depuis pas mal de temps, il fut décidé lors de l'Assemblée générale de Cœurs sans frontières à Caen le 29 novembre 2009. Chacun se souvient de ce débat passionné qui portait non pas sur la pertinence de ce déplacement, mais sur le choix de la date.
Le projet adopté, Jean-Paul, notre trésorier, transformé en " gentil organisateur " s'est dépensé sans compter pour nous offrir une remarquable prestation " clés en mains " dont le rapport qualité-prix ne permet aucune critique.
Les inscriptions arrivèrent petit à petit, suivies de quelques défections, mais le nombre minimum de participants fut atteint. Tout allait pour le mieux....

Il y eut, tout d'abord, la catastrophe de l'aéronef Présidentiel polonais qui, heureusement, n'affecta en rien l'enthousiasme des membres de notre association décidés à se rendre en avion à Berlin.

Plus sournois et dévastateur fût le réveil du volcan Eyjafjöll recouvrant depuis son Islande natale, une grande partie du ciel européen avec un épais nuage de cendres de nature à paralyser le transport aérien.....

Il en fallait plus que cela pour décourager cette bande d'amis qui voulaient absolument découvrir Berlin !
Après une rapide évaluation des besoins, un covoiturage est organisé le dimanche 18 avril avec deux véhicules depuis la Normandie, amenant à Paris, Hélène, Marcelle et Erik ainsi que Jean-Paul. Après une nuit dans la capitale, nos amis sont rejoints le lundi par Marie-Jo et Jean. A la frontière belge Evelyne prend place à bord de cette équipée.
Malgré les autoroutes allemandes fluides, à trois voies et où la vitesse n'est pas toujours limitée, malgré des GPS parfois facétieux, l'arrivée à Berlin se produit vers vingt et une heures....Ouf ! ... Quel moment !

Premier pas posé sur le sol berlinois devant le Quality Hôtel, dans le quartier de Tegel, mais surtout retrouvailles ou présentations avec les amis déjà présents, Crista et Daniel, Cornelia et Klaus, Michèle et Hubert.......que d'émotion, un de nos membres retrouve son frère allemand et son épouse.
Après un tel voyage et un tel moment d'amitié partagée, la soirée ne peut se terminer qu'autour d'une table, ce qui est fait avec un grand plaisir.

Le mardi, la journée commence, comme il se doit, par le " frühstück ", un petit-déjeuner " à l'allemande " c'est à dire très copieux, allant du café aux jus de fruits en passant par la charcuterie, les pommes de terre, les fromages, les pâtisseries et autres salades de fruits.
Certains ont observé qu'un membre du groupe s'est levé plus tôt pour aller faire des photos au bord du magnifique Schäfersee (jardin public avec petit lac) à quelques centaines de mètres de l'hôtel.

Neuf heures ! Rassemblement et trajet à pied vers la station de métro, (ici on dit le " U-Bahn ") Franz-Neumann-Platz pour se rendre à la WASt.
Parvenus devant le 179 de l'Eichborndamm et sa typique façade en briques rouges, nous retrouvons Nicole et Jean-Jacques ainsi que Stéphanie.

 

Nous sommes alors accueillis par Marie-Cécile Zipperling qui nous accompagnera une grande partie de cette journée.
Nous voici donc dans le saint des saints, la WASt, les archives de la Wehrmacht !
Nous visitons avec attention, émotion et respect une grande partie de ce lieu de mémoire par excellence. Derrière les dix-huit millions de dossiers et de fiches méticuleusement classés, il y a autant de vies déchirées, de drames, dont beaucoup seront, malheureusement, oubliés à jamais.
Quelques membres de notre groupe auront en main un document concernant leur Papa.....
Outre la recherche de leur Père, pour les enfants de la guerre, la WASt réalise aussi un travail de fourmi en matière d'identification d'objets personnels retrouvés sur des sites de combat. Elle collationne les informations concernant les sépultures, elle collecte aussi des renseignements sur les prisonniers français disparus en Allemagne...etc...
Hélas, le temps passe très vite et voici le moment de déjeuner dans le restaurant de la WASt. Repas très correct, mais en Allemagne on mange peu à midi.

La tête et l'estomac déjà bien remplis, nous regagnons le U-Bahn et prenons la direction de l'Alexander Platz.
C'est là qu'un car à impériale découvert va nous faire découvrir, pendant une bonne partie de l'après-midi, BERLIN, ville magnifique, très étendue, très aérée, avec beaucoup d'espaces verts et de cours d'eau....

 


On ne peut pas ne pas penser à Alphonse Allais et son rêve de ville située à la campagne.
Cette découverte de Berlin en car est vraiment la meilleure manière de faire connaissance avec cette attachante ville. Le circuit est très complet.
A noter que vingt et un ans se sont écoulés depuis la chute du Mur et l'urbanisation a beaucoup évolué, il est donc pratiquement impossible de déterminer " de visu " dans quel ancien secteur on se trouve.
Tout a une fin et notre car nous dépose Alexander Platz, ce coeur de Berlin repérable de très loin grâce à sa célèbre tour de la télévision, haute de trois cent soixante huit mètres.
Maintenant, notre bande de berlinois va effectuer une belle et longue visite à pied de quartiers typiques sous la conduite avisée et efficace de Marie-Cécile Zipperling.
Voici l'occasion de remercier sincèrement Marie-Cécile pour sa disponibilité, sa prévenance, son accueil et sa gentillesse durant toute cette première journée.
Cette fois, il commence à se faire tard, il ne fait pas très chaud, c'est donc l'heure du retour au Quality Hôtel. Un agréable dîner, dans une ambiance feutrée, nous attend pour évoquer cette mythique journée et préparer celle du lendemain.

Mercredi matin, c'est décidé le groupe restera homogène pendant cette nouvelle journée dite libre.
Un membre s'étant levé de bonne heure, s'est cependant rendu par le bus 128 à l'aéroport de Tegel. Une parenthèse pour observer que la zone de Tegel, du temps du Mur, se trouvait dans le secteur d'occupation par les troupes françaises. On peut y trouver, outre un Centre culturel français, une Porte Anatole-France ainsi qu'une rue Jean-Mermoz.
Donc, après l'incontournable Frühstück, la bande de berlinois se rend à la station du U-Bahn.
Là, après que Klaus soit venu à bout d'un distributeur récalcitrant, munis de billets de groupe, nous nous engouffrons dans une rame en direction de Wittenau....sauf qu'il aurait fallu partir dans l'autre sens ! Franche rigolade, première station on change de sens, cette fois direction Herrmannstrasse puis la Porte de Brandebourg, autre symbole de Berlin.
Notre groupe, heureux, solidaire et convivial, découvre ensuite le Bundestag sans cependant pouvoir le visiter, l'importante file d'attente étant dissuasive. Nos pas nous conduisent au Mémorial de l'Holocauste puis à la Postdamer Platz.
Là, devant quelques mètres de vestiges du Mur, des vendeurs, en costume militaire d'époque, proposent des visas, tamponnés devant soi, à la date du jour, munis des cachets des quatre autorités se partageant Berlin.
Au moment où nous arrivons sous l'immense et superbe verrière du Sony Center, le ciel se fâche et nous déverse un désagréable grésil. Nous en profitons pour déjeuner à l'abri.
Avec l'accalmie, nous repartons vers le Bundesrat, nous passons devant un parc de Trabant à louer, nous flânons à Check Point Charly, franchissons une nouvelle fois un pont sur la Spree et atteignons le quartier Juif. Certains visitent la nouvelle synagogue pendant que les autres, transis, se réconfortent avec un chocolat chaud dans un restaurant...hindou. Le temps étant de plus en plus menaçant, c'est à une allure soutenue que la " bande " regagne l'Alexander Platz pour un retour en U-Bahn au Quality Hôtel.
Dans le métro de Berlin, il n'y a pas de portillons, l'accès aux quais est libre ; les gens ne courent pas, si un métro va partir, on attend gentiment le suivant, les rames et les emprises sont propres......
C'est l'heure du dîner, mais pour changer, nous nous retrouvons autour d'une grande table dans un restaurant Croate proche de l'hôtel. Là, comme pendant tout ce court séjour, les conversations portent sur des échanges de vécus, des réflexions personnelles et des espoirs.

Jeudi matin, les berlinois se retrouvent pour le dernier Frühstück de ce voyage. Et puis ce sont les embrassades, les au revoir, les échanges de coordonnées. Le voyage retour sera très long pour certains, mais tout le séjour se sera parfaitement déroulé, sans la moindre ombre, malgré le contretemps imposé par la suppression du trafic aérien.
Un membre sera cependant resté un jour de plus à Berlin pour découvrir le quartier où son Père a résidé et assouvir sa passion de photographies ferroviaires dans la Hauptbahnof construite il y a quatre ans. Il rejoindra la France par le train, dans la journée de vendredi.

Un dernier mot pour évoquer la qualité de vie à Berlin. Joachim Du Bellay a parlé, dans un de ses poèmes de la douceur angevine, lorsque
l'on a découvert Berlin on ne peut que saluer sa douceur berlinoise.

Pour ceux qui ont eu la chance de participer à ce premier voyage, pour ceux qui n'ont pas pu venir, pour les futurs membres de notre association, il convient de savoir que le comité directeur de Coeurs sans frontières travaille sérieusement sur l'édition 2011 !

Encore merci à Jean-Paul pour sa parfaite organisation ainsi que pour sa contribution à ce texte.

Jean WILLEMIN

Membre du Comité Directeur

Mise à jour le Dimanche, 23 Mai 2010 15:12
 
Rencontre historique au Musée de Saint-Marcel organisée par Emmanuel Thiebot


*Emmanuel Thiébot historien, responsable des événements culturels au Mémorial de Caen.

Emmanuel Thiebot
Emmanuel Thiébot


Thème : « La résistance une histoire de famille ! »

Organisait le 21/11/2009 une rencontre des villageois de Saint Marcel (56) contemporains de la Résistance pendant l'occupation et jusqu'à la libération. Une centaine de personnes avaient fait le déplacement.
Il déclara : " La Résistance n'est pas quelque chose de monolithique, mais plurielle de par les individus mais aussi de par la géographie des lieux où sont menées les actions. "

Construit sur les lieux mêmes des combats, dans un parc boisé de 6 hectares, le musée de la Résistance bretonne de St Marcel perpétue le souvenir de l'ombre qui avait refusé le joug de l'occupant.

Les mémoires, malgré l'âge " avancé " des protagonistes étaient bien réactives. Des mots se bousculaient, une anecdote en entraînait une autre. Ils revivaient tous ces acteurs leur jeunesse motivée par l'action et l'envie de libérer leur région, leur pays de cet occupant très, trop envahissant. La région était assiégée par 150 000 soldats provenant des régiments suivants : armée de terre, marine, aviation, organisation Todt, etc… Le PC est situé au Mans, la VIIème armée est aux ordres du général Dollmann. Parmi ces 150 000 hommes 10 000 citoyens soviétiques, servant sous l'uniforme allemand, renforceront les effectifs des différentes unités d'infanterie stationnées en Bretagne. Ces bataillons (un bataillon entre 500 et 1 000 hommes) de l'Est vont participer activement à la lutte contre les maquis (maquis de Saint Marcel). Leur sillage n'était fait que d'exécutions, de pillages, d'incendies et de viols.

Des femmes, des hommes dés 1942, s'étaient organisés, structurés. Des fermiers, boulangers, bouchers abritaient, transportaient messages, armes, munitions, nourriture pour que le Réseau soit soutenu dans son action. Tout le monde, toute la structure familiale agissait. Du facteur dont la sacoche ne comportait pas que des lettres… à la receveuse qui dormait sur des sacs postaux pour laisser son lit à ces combattants de l'ombre. Tout le monde savait, tout le monde agissait, de l'instituteur aux élèves personne ne parlait. Ils ont agi pendant des années dans l'ombre, à la barbe de 150 000 soldats occupants. Le débarquement n'aurait jamais pu se dérouler si ces combattants de l'ombre appuyés par le parachutage de la 2ème compagnie (environ 450 hommes) n'avaient pas inlassablement harcelé l'ennemi pas une multitude de petites actions qui freinaient, voire paralysaient l'occupant dans son action. Les femmes qui participaient à cette rencontre étaient bien plus loquaces que les hommes, petites fourmis infatigables elles semblaient moins vulnérables que les hommes aux yeux de l'ennemi. Bien sûr il y a quelques incohérences à mettre sur le compte du temps, de l'âge ! Cela n'enlevait rien à la qualité des témoignages très dignes, très pudiques voire très réservés. Non nous n'avions pas à faire à des vantards à des mythomanes. Oui nous avons résisté à notre manière, avec nos moyens, mais quoi de plus naturel ! Ces personnes étaient venues spontanément raconter leur vécu dans un contexte bien particulier sans gloriole. Ils racontaient leur guerre de l'ombre comme on raconte des anecdotes de la vie de tous les jours. Ils se " titillaient " pour un détail, pour un vague souvenir, une broutille, mais dans le fond quelle complicité unit encore ces soldat de nulle part. Impressionnant ! Bien sûr comme dans tous les groupes de témoins rassemblés pour revivre ces événements il y avait celui qui : " savait mais ne pouvait pas parler " ! laissant planer sur l'assistance plein de points d'interrogation. Comment dans ces cas retenir le vrai de la vantardise ! Heureusement il était bien isolé et préférait chuchoter à l'oreille de sa voisine plutôt que de dire à voix haute ce qui aurait pu intéresser l'auditoire (…)

L'assemblée attentive
L'assemblée attentive.


 

Le maquis de Saint Marcel situé dans les landes de Lanvaux, évoque le célèbre maquis où des milliers de résistants et de français libres se sont rassemblés entre le 6 juin et le 18 juin 1944, résistants et parachutistes SAS (Special Air Service) de la France Libre se sont battus courageusement, infligeant des pertes élevées à l'ennemi avant de décrocher à la faveur de la nuit. En représailles, l'armée allemande brûlera le bourg et les fermes environnants.

Les missions de la Résistance bretonne, dans le cadre du débarquement allié se décomposent ainsi :
Plan vert : sabotage des voies de communications (ferroviaires et routières, en un maximum de points, qui doit ralentir l'acheminement des renforts allemands vers le front de Normandie.
Plan violet : coupure de lignes de télécommunications souterraines et aériennes.
Plan bleu : sabotage de lignes électriques.
Plan rouge : opération de guérilla.
Le 4 juin 1944 la BBC lance un message à l'intention de la Résistance : "les dés sont sur le tapis " annonçant l'imminence du débarquement et l'exécution immédiate des plans vert, violet et bleu.

Au nord de la ferme de la Nouette en Sérent, une prairie particulièrement située avait attiré l'attention d'Emile Guimard et d'Hunter Hue (futur agent du SOE) pour y organiser un terrain de parachutages. Après un contact avec Guy l'Enfant, agent de BCRA (Bureau central de renseignement et d'action) parachuté en Bretagne, ce terrain fut homologué en mai 1943, sous le nom de code " Baleine ". A part un parachutage effectué en mai 1943 pour le compte du BOA (bureau des opérations aériennes), le terrain sera gardé secret jusqu'au jour du débarquement pour y effectuer de gros parachutages d'armes et d'unités aéroportées afin de ralentir la progression des renforts allemands vers le front de Normandie. Jusqu'au jour J, Emile Guimard vient voir régulièrement le fermier de la Nouette, M. Pondard, pour s'assurer que l'ennemi ne se doute de rien.

Le 5 juin 1944, le colonel Chenailler (Morice), chef des FFI du Morbihan, lance un ordre de mobilisation générale aux bataillons de Ploërmel -Josselin, Vannes, Auray et Guémené, ce qui représente 3 500 hommes.
Le premier de ces bataillons doit rallier la Nouette, centre mobilisateur, pour en constituer la garnison permanente. Le reste des FFI du département doit rester en état d'alerte et exécuter les actions de sabotage ordonnées (plan vert)
Le 6 juin à 0h45, le groupe de parachutistes du lieutenant Marienne est accroché par l'ennemi peu après avoir touché le sol. Le caporal Emile Bouëtard est tué (première victime de l'opération Overlord) et les radios sont faits prisonniers avec leurs matériels. Le 7 juin, les groupes des lieutenants Déplante et Marienne arrivent à la Nouette et retrouvent le sergent Raufast et le capitaine André (Hunter Hue, agent SOE) arrivés la veille. La Nouette devient le point de ralliement des parachutistes SAS et des FFI du Morbihan.

La Résistance morbihannaise au jour J. La Résistance armée clandestine formée de civils, de professionnels du renseignement, de réseaux d'évasion, etc… étaient encadrés par le SOE, 480 agents de ce service secret furent parachutés en France occupée. Leurs missions étaient d'encadrer, d'armer, de ravitailler, de fournir les moyens de communications, de soigner, en un mot de permettre à ces hommes d'agir de survivre.

Le maquis de Saint Marcel : les résistants de la région de Malestroit arrivent en grand nombre. Une véritable foule se presse vers la Nouette et dans les bois environnants. Les chefs de groupe commencent l'instruction des hommes. Il faut tuer des bêtes pour nourrir tout ce monde; on installe une boucherie, une cuisine et une boulangerie. Des groupes électrogènes sont mis en place pour charger les batteries des postes radio, ainsi qu'un atelier de réparation automobile. Le 10 juin le commandant Caro arrive avec son bataillon au complet. Au fur et à mesure, tous les chefs départementaux de la Résistance arrivent avec leurs radios au PC de la Nouette. Edouard Paysant, chef du BOA, s'installe, quant à lui, à la ferme du Parc avec Irène sa secrétaire et toute son équipe radio disposant d'un important matériel. Des groupes arrivent constamment au maquis, ils viennent de partout, de Redon, de Vannes, de Pontivy, voire de Lorient et de Rennes. Leurs souliers sont troués, beaucoup portent des sabots et vont et viennent, fébrilement, dans des tenues des plus étonnantes. Ces " va-nu-pieds superbes " brûlent du désir de se battre.
Le commandant Bourgoin arrive dans la nuit de 9 au 10 juin, en même temps qu'une cinquantaine de parachutistes et cinquante containers d'armes. Il est surpris par l'atmosphère de kermesse qui règne sur les terrains de parachutages. Tous les civils du voisinage ont assisté au largage et se sont jetés sur son parachute afin d'en déchirer un morceau en souvenir. En effet, celui-ci était de couleur " bleu-blanc-rouge ", petite fantaisie du commandement SAS. Dans la nuit du 13 au 14 juin, le 2ème bataillon FFI du commandant Le Garrec, composé de 900 hommes de la région d'Auray, arrive au camp afin de recevoir des armes. Il s'est fait durement accrocher par l'ennemi dans les bois de Saint Bily (près de Trédion)
Le ravitaillement d'une telle quantité d'hommes pose d'énormes problèmes. Il faut aller chercher quotidiennement vingt barriques d'eau potable dans les fermes alentour. Des paysans des environs se succèdent toute la journée, amenant au camp du bétail, des légumes, du cidre, etc…

Trois principales organisations sont implantées dans le Morbihan :
L'AS (armée secrète) regroupe tous les mouvements de la Résistance, des réfractaires STO, des résistants appartenant à des réseaux décimés. Elle compte début 44 quatre bataillons.
Les FTPF (Francs-Tireurs et partisans français. Créés par le parti communiste prônent l'action immédiate par des sabotages et des attentats.
L'ORA (Organisation de la Résistance armée). Installée en Bretagne depuis 1943 avec la majorité de ses cadres d'officiers d'active ou de réserve, elle compte 3 bataillons début 1944.
L'ensemble de ces formations le 1er février 1944 sera regroupé par la CFLN (Comité français de la Libération nationale) au sein des FFI (Forces françaises de l'intérieur).
La Résistance jouera un rôle important le 6 juin 1944 en ralentissant considérablement les mouvements des troupes allemandes vers la Normandie.

Le 18 juin, à 4h30 deux tractions avant de la Feldgendarmerie de Plöermel, en patrouille, franchissent l'entrée du camp.
La première voiture est stoppée par un tir d'armes automatiques au premier poste FFI. La seconde, s'apercevant de l'embuscade, accélère l'allure puis est arrêtée au second poste par un projectile d'arme antichar, tiré par le parachutiste Pams. Un bref combat s'engage au cours duquel quatre Feldgendarmes sont tués et trois faits prisonniers.
Un seul s'échappe jusqu'à Malestroit et donne l'alerte. Du côté FFI, on compte un tué et deux blessés graves. Parachutistes et FFI établissent un dispositif défensif et se préparent à soutenir une vive réaction de l'armée allemande qui ne peut manquer de se produire dans les heures à venir.
A 6h30, la garnison allemande de Malestroit est alertée.
A 8h15, la troupe investit le bourg de Saint Marcel. Un jeune cultivateur prend ses jambes à son cou pour prévenir le commandant Le Garrec à son PC situé à la ferme des Grands-Hardys. Le camp est maintenant en alerte.
A 9h00 l'ennemi qui sous-estime l'importance du maquis, déploie une compagnie de (200 hommes) sur un front de 500 mètres, en direction de la ferme du Bois-Joly.
Un groupe d'infanterie équipé d'une mitrailleuse, longeant les fossés et les haies, progresse sans être vu jusqu'au poste FFI. Les allemands mettent leurs armes en batterie et tuent les quatre hommes de la position. Une balle perdue tue également une jeune fille qui garde les vaches. Les fusils mitrailleurs français ouvrent le feu dans toutes les directions. Les soldats allemands masquent leur retraite en lançant des grenades fumigènes.
Durant cette première action qui a duré environ une demi-heure, les allemands ont subi des pertes importantes et doivent se replier en direction de Saint Marcel. Du côté français, le choc a été subi par une section SAS du capitaine Larralde, deux sections du bataillon Caro et une unité du commandant Le Garrec. Le parachutiste SAS Daniel Casa, servant un fusil mitrailleur Bren au sud du Bois-Joly, a été mortellement blessé (il venait d'avoir 20 ans)
A 10h00 les allemands, une fois réorganisés, progressent en direction de Sainte Geneviève qu'ils pensent être le PC. Ils déploient, cette fois, deux compagnies (400 hommes) qui utilisent des mortiers et des grenades en direction de la lisière des bois d'où partent les rafales d'armes automatiques françaises. Les hommes du capitaine Larralde, soutenus par l'appui de feu des jeeps, maintiennent leurs positions mais réclament renforts et munitions. La section Morgant, composée de cheminots d'Auray, leur est envoyée en soutien. Entre-temps, des agriculteurs de la région font le va-et-vient entre le PC de la Nouette et Sainte Geneviève, croulant sous le poids des munitions. Le commandant Le Garrec leur envoie en renfort le " corps franc " Guilas composé de 40 jeunes volontaires et de 3 parachutistes.
Un fusil mitrailleur, placé tous les 10 mètres, stoppe les allemands et l'attaque est de nouveau repoussée avec de lourdes pertes. Du côté français, il y a aussi des morts et des blessés. Les corps de deux parachutistes, le sous-lieutenant Brès et le soldat Malbert, sont évacués en jeep jusqu'à la Nouette.
Au poste de commandement de la Nouette, le commandant Bourgoin demande des ordres et l'appui de l'aviation par radio en Angleterre. Les civils reçoivent l'ordre d'évacuer le camp le plus vite possible, manœuvre très périlleuse car l'ennemi, à l'affût, maintient sa pression et tire sur tout ce qui bouge.

Troisième attaque :
A 14h00, les Allemands, renforcés par 300 parachutistes, repartent à l'assaut sur son front de 2 kilomètres. A 15h30, un message tombe à l'état-major du 25ème corps d'armée de Pontivy : Un détachement du 2ème régiment de parachutistes est au combat près de Saint Marcel contre un groupe de terroristes et demande renforts et munitions. La 275e division d'infanterie (PC à Redon) envoie deux commandos de chasse et tient prête à intervenir une autre compagnie.
La situation devient intenable pour les maquisards, ils ont affaire cette fois à l'élite de l'armée allemande ! La défense est démantelée à hauteur du château de Sainte Geneviève et des combats acharnés se déroulent au pistolet mitrailleur, à la grenade et au couteau…
Vers 15h30 trois " squadrons " de chasseurs bombardiers, appartenant à l'USAAF (US Army Air Force), attaquent à la bombe à fragmentation les positions ennemies. Pendant plus d'une heure, ils mitraillent les colonnes et les rassemblements allemands autour de Saint Marcel.
Les soldats ennemis, pris de panique, se dispersent dans tous les sens et les prisonniers en profitent pour s'échapper. Une fois les avions américains partis, les combats reprennent avec acharnement.
A son retour de mission, un des pilotes, le Major Tice, notera dans son rapport que jamais de sa vie il n'a autant tiré sur un seul objectif !
Vers 18h00, une compagnie de la 275e division d'infanterie, venue du camp de Coëtquidan, est débarquée au sud du maquis et attaque en direction du château des Hardys-Béhélec. L'attaque est d'une extrême brutalité. Malgré de lourdes pertes, elle progresse jusqu'à 500 mètres du château, les FFI décrochant pied à pied sous un feu d'enfer.
Dans le même temps, un commando de chasse du 17e état-major de génie de la forteresse, basé au château de Villeneuve, lance une attaque à partir de la rivière de la Claie. Il réussit à progresser jusqu'à une crête située à 700 mètres du PC de la Nouette qu'il prend sous son feu. Une violente contre-attaque du corps franc Guilas délogera l'ennemi, déplorant un mort et un blessé.
Vers 19h00, le capitaine SAS Larralde, à la tête de ses paras, soutenu par les FFI du bataillon Caro, contre-attaque et reprend les alentours du château de Sainte Geneviève mais ne peut déloger l'ennemi du Bois-Joly.
A la tombée de la nuit, l'ennemi déploie maintenant plus de 1 000 hommes en arc de cercle, du château de Sainte Geneviève jusqu'à l'ouest du château des Hardys-Béhélec. En prévision de l'assaut final, la 275e division d'infanterie détache vers Saint Marcel une unité du 298e bataillon géorgien et deux bataillons du 3e régiment d'artillerie…
Au PC de la Nouette, il apparaît évident que l'on ne pourra tenir plus longtemps sans épuiser complètement les munitions. On redoute, non sans raison, que le lendemain l'attaque reprenne avec des troupes fraîches appuyées par de l'artillerie. Le commandant Bourgoin et le colonel Morice décident la dispersion de la base tant qu'il est encore possible de décrocher dans de bonnes conditions, celle-ci n'ayant pas encore été encerclée.
Le décrochage commence vers 22h00 et plus de 2 000 hommes, 20 camions surchargés d'armes et de munitions s'évanouissent dans la nuit, pendant qu'une compagnie d'Auray, encadrée par des parachutistes SAS, reste en protection.
Durant la nuit, des colonnes de FFI se replient sans dommage en direction du château de Callac, lieu de rendez-vous, d'où ils devront regagner leur maquis d'origine. Il faut abandonner une grosse quantité de matériel reçue la nuit précédente.
Le capitaine Puech-Samson, commandant la compagnie de protection, donne l'ordre à deux parachutistes de faire sauter le dépôt d'armes et de munitions, qui représente plusieurs dizaines de tonnes de matériel.
Lorsque les allemands investiront la Nouette, une équipe de l'Abwehr (service de renseignement et de contre-espionnage) dépêchée de Rennes notera dans son rapport : " Un matériel d'une richesse et d'une importance extraordinaires a été découvert au PC du maquis dont le tri demandera plusieurs jours. Après trois jours de travail, on ne peut encore avoir une idée du butin récupéré. 30 camions ont déjà étaient enlevés du camp et sont en cours d'inventaire. "
Au cours de la bataille 28 français ont été tués dont 6 parachutistes SAS. On compte également 60 blessés et 15 prisonniers…
Du côté ennemi, les pertes sont beaucoup plus élevées. Les assaillants avaient sous-estimé l'importance du maquis et la capacité des " terroristes " à se battre. L'armée allemande notera dans le rapport de cette journée : " la résistance ennemie a toujours été tenace et opiniâtre. "
Pour les résistants, des pertes beaucoup plus importantes seront à déplorer dans les jours à venir. Ils seront traqués par les troupes géorgiennes et la milice française lors d'une véritable chasse à l'homme.
Le 19 juin, au lever du jour, les allemands reprennent l'attaque mais doivent constater que les forces qui les ont tenus en échec leur ont filé entre les doigts. Ils se vengent en exécutant les blessés qu'ils découvrent ainsi que les civils restés chez eux.
La Wehrmacht organise une chasse sans merci contre " les terroristes " et lance, dans la campagne, des groupes très mobiles d'environ 80 hommes. Ces unités ukrainiennes et géorgiennes fouillent sans cesse les bois et les villages, massacrant les FFI isolés et terrorisant la population. Les prisonniers seront soit fusillés, soit dirigés vers les camps de déportation.
Le 25 juin elle incendie les châteaux des Hardys-Béhélec et de Sainte Geneviève, puis le 27, les fermes et le bourg de Saint Marcel, n'épargnant que l'église, le presbytère et les écoles.

Le combat du maquis de Saint Marcel eut un énorme retentissement dans toute la Bretagne occupée. C'était la première fois que l'armée allemande était tenue en échec par des jeunes combattants FFI, entraînés par le courage de leur chef, l'expérience et la fougue des parachutistes SAS.
Les hommes du maquis savaient désormais que la puissante Wehrmacht n'était pas invincible.

Contemporain de la Seconde Guerre Mondiale
Contemporain de la Seconde GuerreMondiale.


 

Vous qui passez à proximité car on ne passe pas à Saint Marcel, on y va ! Arrêtez-vous un instant pour commémorer le courage de cette population ordinaire qui a transcendé la terreur qui régnait pendant cette occupation. Comme quoi des villageois, toutes générations confondues, ont su, ont pu résister, se sont organisés pour mener, à leur niveau, avec dignité le combat de l'ombre. Nous ne pouvons que rendre hommage à ces résistants de l'ombre qui ont agi avec courage et désintéressement pour chasser l'ennemi. Ils ont fait la différence. Le courage modeste face à l'esbroufe de ces résistants de la dernière heure.

Je remercie Emmanuel Thiébot de m'avoir donné l'occasion de découvrir ce haut lieu de la Résistance et de la Mémoire.
Je remercie le musée.

Jean-Jacques DELORME-HOFFMANN.

Mise à jour le Vendredi, 14 Mai 2010 18:06
 
Je suis venu
Mise à jour le Lundi, 15 Mars 2010 16:10
Lire la suite...
 
<< Début < Préc 1 2 Suivant > Fin >>

Page 1 de 2