{"id":300,"date":"2009-11-28T18:47:52","date_gmt":"2009-11-28T17:47:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.coeurssansfrontieres.com\/?p=300"},"modified":"2017-10-13T18:50:50","modified_gmt":"2017-10-13T16:50:50","slug":"uber-den-lebensborn-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.coeurssansfrontieres.com\/de\/dokumente-de\/verschiedene\/uber-den-lebensborn-2\/","title":{"rendered":"Uber den Lebensborn"},"content":{"rendered":"<p>[et_pb_section admin_label=&#8220;section&#8220;][et_pb_row admin_label=&#8220;row&#8220;][et_pb_column type=&#8220;4_4&#8243;][et_pb_text admin_label=&#8220;Texte&#8220;]<\/p>\n<p>Monsieur Le Pr\u00e9sident, chers coll\u00e8gues, Mesdames et Messieurs, Je vous remercie de nous avoir invit\u00e9s au M\u00e9morial de Caen, la petite d\u00e9l\u00e9gation autrichienne se compose de deux \u00ab enfants de la guerre \u00bb, Mesdames Karin Trappel et Margot Xander, d\u2019un journaliste du Figaro, Monsieur Maurin Picard et de moi-m\u00eame.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me majeur des &#8222;enfants historiques&#8220; autrichiens &#8211; c\u2019est comme \u00e7a que j\u2019appelle les \u201cenfants de la guerre\u201d en Autriche, car ils sont n\u00e9s pour la majorit\u00e9 d\u2019entre-eux en m\u00eame temps que la R\u00e9publique d\u2019Autriche (1946) dont ils portent une partie de l\u2019histoire \u2013 leur probl\u00e8me est, comme partout ailleurs, la recherche du p\u00e8re inconnu. Je trouve ici une collusion de l\u2019histoire individuelle et de l\u2019histoire nationale par le biais du p\u00e8re.<\/p>\n<p>Dans cet expos\u00e9, je distingue trois niveaux:<\/p>\n<p>1) La recherche universitaire<br \/>\n2) La recherche journalistique<br \/>\n3) La recherche personnelle<\/p>\n<p>1) Pour ce qui est des recherches universitaires sur ce sujet, trois centres universitaires m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre mentionn\u00e9es: Innsbruck, Salzbourg et Vienne. Innsbruck avec les travaux du professeur Klaus Eisterer de l\u2019Universit\u00e9 de la m\u00eame ville, Salzbourg avec les recherches du professeur Ingrid Bauer \u00e0 Salzbourg. Ces deux professeurs sont tous les deux historiens. Enfin celui de Vienne avec ma modeste contribution sur la province du Vorarlberg.<\/p>\n<p>Les travaux du professeur Eisterer mentionnent certes la naissance, l\u2019existence et le nombre estim\u00e9 des \u00ab enfants franco-autrichiens \u00bb, mais ils laissent de c\u00f4t\u00e9 le probl\u00e8me de leur crise identitaire. Il faut dire que ses recherches analysent plus le contexte g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019intervention fran\u00e7aise dans la lib\u00e9ration de l\u2019Autriche. En effet, contrairement \u00e0 la pr\u00e9sence allemande en France, les troupes alli\u00e9es sont venues lib\u00e9rer et non occuper l\u2019Autriche. Mais, il est \u00e9vident que lib\u00e9rer sans occuper \u00e9quivaut \u00e0 vouloir se baigner sans se mouiller. Je vous rappelle que les Alli\u00e9s avaient divis\u00e9 l\u2019Autriche en quatre zones:<\/p>\n<p>&#8211; Une zone fran\u00e7aise comprenant les provinces du Vorarlberg et du Tyrol plus une partie de Vienne que les alli\u00e9s occupaient conjointement. &#8211; Une zone am\u00e9ricaine comprenant notamment la ville de Salzbourg et la Haute Autriche, &#8211; Une zone britannique ainsi qu\u2019une zone russe comprenant la province de la Styrie et la ville de Graz. L\u2019influence du professeur Eisterer est cependant \u00e9norme, car suite \u00e0 une conf\u00e9rence qu\u2019il avait donn\u00e9e \u00e0 ce sujet dans son Universit\u00e9, de fil en aiguille, un contact s\u2019est finalement \u00e9tabli entre Madame Heidi Braun et le journaliste Thomas Matzek de la t\u00e9l\u00e9vision autrichienne. Je reviendrai l\u00e0-dessus lorsque j\u2019aborderai la recherche journalistique et personnelle.<\/p>\n<p>La publication des recherches du professeur Ingrid Bauer en revanche, avait pour th\u00e8me les m\u00e8res autrichiennes ainsi que leurs enfants n\u00e9s de p\u00e8re soldat Noir-am\u00e9ricain. Elle a fait un expos\u00e9 en 1999 auquel j\u2019avais assist\u00e9. Le titre de son article est assez \u00e9loquent : \u00ab Leiblicher Vater: Amerikaner (Neger) \u00bb qui se traduit par: \u00ab P\u00e8re biologique, n\u00e8gre am\u00e9ricain \u00bb ! Son expos\u00e9 m\u2019a impressionn\u00e9 pour deux raisons:<\/p>\n<p>Premi\u00e8rement, parce qu\u2019il concerne ce que j\u2019appelle les couples dominos et deuxi\u00e8mement parce qu\u2019elle a confirm\u00e9 la th\u00e9orie d\u2019identification \u00e0 laquelle j\u2019\u00e9tais arriv\u00e9 aussi dans mes recherches.<\/p>\n<p>En ce qui concerne les couples dominos, j\u2019ai eu l\u2019impression que Madame Bauer m\u2019avait coup\u00e9 l\u2019herbe sous le pied en travaillant sur ce que j\u2019appelle le \u00ab couple domino \u00bb qu\u2019ici en France vous appelez \u00ab couple mixte \u00bb. C\u2019est une appellation que je r\u00e9fute, car je trouve que c\u2019est une r\u00e9duction de la mixit\u00e9 \u00e0 la simple couleur de la peau, qui loin d\u2019\u00eatre instructive, demeure plut\u00f4t confuse! En effet, pour moi, tout couple classique compos\u00e9 d\u2019un homme et d\u2019une femme est un couple mixte, quand bien m\u00eame nous voulons faire l\u2019impasse sur la diff\u00e9rence des sexes au profit de celle de la couleur. D\u2019autres raisons me poussent \u00e0 rejeter cette appellation fran\u00e7aise: travaillant dans un milieu germanophone, je suis souvent amen\u00e9 \u00e0 passer du fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019allemand. Le couple mixte se traduit en allemand par \u00ab Gemischtes Paar \u00bb et si on parle des enfants issus de ce couple, la logique serait de les appeler \u00ab Mischlingskinder \u00bb qui se traduit en fran\u00e7ais par \u00ab m\u00e9tis \u00bb, mais c\u2019est historiquement tr\u00e8s connot\u00e9 dans le milieu germanophone, \u00e0 cause de la s\u00e9mantique nazie. Sans vouloir remonter au nazisme, je vous donne un exemple de l\u2019actualisation de la s\u00e9mantique nazie: Madame Karin Trappel ici pr\u00e9sente dont le p\u00e8re est Marocain, \u00e9tait appel\u00e9e \u00ab Mischling \u00bb pour faire allusion au fromage qui porte le m\u00eame nom dans sa r\u00e9gion, mais qui a la particularit\u00e9 de sentir tr\u00e8s mauvais. Par contre en parlant de couple domino, d\u2019une part j\u2019annon\u00e7ais les couleurs, en ciblant l\u2019objet de mon \u00e9tude et d\u2019autre part j\u2019apportai ainsi une appellation neutre qui permettait de parler des partenaires comme des enfants dominos sans blesser les susceptibilit\u00e9s des personnes concern\u00e9es, terme qu\u2019ils ont d\u2019ailleurs accueilli favorablement et parfois avec un brin d\u2019humour.<\/p>\n<p>Pour ce qui est de la th\u00e9orie d\u2019identification, Madame Bauer et moi, \u00e9tions arriv\u00e9s dans nos recherches respectives sans le savoir, \u00e0 la m\u00eame conclusion. Moi, dans la gen\u00e8se des couples dominos, j\u2019ai trouv\u00e9 que c\u2019est l\u2019identification qui favorise le rapprochement des partenaires dominos. En effet, dans cette \u00e9tude, je n\u2019ai pas pu confirmer la th\u00e9orie compensatoire du sociologue am\u00e9ricain Robert Merton pour qui le couple domino serait une m\u00e9salliance, mais plut\u00f4t celle de Rudolf Otto, qui invoque l\u2019attrait par la ressemblance et que l\u2019on retrouve dans l\u2019adage: Qui se ressemble, s\u2019assemble. En outre, Madame Bauer est celle qui, \u00e0 mon avis, a bris\u00e9 le silence qui pesait sur les Autrichiennes partenaires des soldats ennemis et leur prog\u00e9niture dans la soci\u00e9t\u00e9 autrichienne. En effet, avant sa conf\u00e9rence, je n\u2019avais jamais entendu parler de ce sujet, alors qu\u2019en province les travaux \u00e9taient publi\u00e9s et des conf\u00e9rences avaient lieu ici et l\u00e0 etc. Tout \u00e7a restait cloisonn\u00e9 au niveau tr\u00e8s r\u00e9gional! Les Autrichiens ont l\u2019habitude de dire que l\u2019Autriche est g\u00e9ographiquement petite. Ils font allusion \u00e0 l\u2019Empire austro-hongrois qui \u00e9tait vaste, mais pour le sujet qui nous concerne, je trouve que l\u2019Autriche est aussi vaste que le territoire russe, car ce qui se passe \u00e0 un bout du territoire, reste inconnu \u00e0 l\u2019autre bout. Pour preuve, ce qui se passe au Vorarlberg, dans le Tyrol voisin on n\u2019en a aucune id\u00e9e alors que les deux provinces sont c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te !<\/p>\n<p>J\u2019appr\u00e9cie particuli\u00e8rement les travaux de Madame Bauer car ils sont bas\u00e9s sur les partenaires des soldats ennemis ainsi que leurs enfants. Dans un de ses articles consacr\u00e9s aux \u00e9pouses des soldats am\u00e9ricains on les appelait \u00ab Amis \u00bb (Amerikaner), elle tente de d\u00e9construire le st\u00e9r\u00e9otype autrichien dont elles ont \u00e9t\u00e9 victimes apr\u00e8s la guerre. Elle montre que le puritanisme catholique a \u00e9rig\u00e9 un mur de protection pour lutter contre l\u2019anarchie de la guerre en d\u00e9signant comme bouc \u00e9missaire ces femmes. Le discours des milieux conservateurs s\u2019appuyait sur les trois \u00ab S \u00bb en allemand : \u00ab Sodom, Sumpf und Schmutz \u00bb qui signifient: \u00ab Sodome \u00bb, \u00ab Bourbier \u00bb (mar\u00e9cage moral) et \u00ab Salet\u00e9 \u00bb ou (une impuret\u00e9).<\/p>\n<p>Pour les conservateurs en effet, il y avait inversion des valeurs: Non seulement les femmes \u00e9taient devenues faciles, c\u2019est elles qui se donnaient, mais en plus, elles allaient jusqu&#8217;\u00e0 choisir leur partenaire dans les rangs de l\u2019ennemi!<\/p>\n<p>Madame Bauer pr\u00e9sente des donn\u00e9es chiffr\u00e9es pr\u00e9cises en ce qui concerne les enfants historiques non seulement pour le secteur am\u00e9ricain, mais aussi pour toute l\u2019Autriche: Je la cite : \u00ab d\u00e9j\u00e0 en 1949 on annonce le chiffre de 4000 enfants n\u00e9s de p\u00e8re soldats \u00e9trangers; pour la seule r\u00e9gion de Salzbourg 2000 enfants sont venus au monde jusqu\u2019en 1955, enfants dont le p\u00e8re \u00e9tait soldat am\u00e9ricain et la m\u00e8re autrichienne \u00bb. Ingrid Bauer signale aussi que le journal des travaillistes le (Arbeiterzeitung) du 3 Novembre 1955 rapporte qu\u2019il y aurait au total 8.000 enfants, venus au monde de 1946 \u00e0 1953, pour les 4 zones d\u2019occupation alli\u00e9e. Pour moi, elle est la sp\u00e9cialiste de la zone am\u00e9ricaine, au sujet de laquelle elle annonce un chiffre total et plausible de 5.000 naissances. L\u2019opinion avait plusieurs explications pour d\u00e9signer ces enfants: \u00ab Ami-Kinder \u00bb \u00ab Les enfants des amis \u00bb entendez des Am\u00e9ricains. Elle signale le mal que ces enfants ont eu \u00e0 assumer leurs racines qui \u00e9taient trop stigmatisantes. Plus important dans ses recherches reste le sort des enfants des soldats Noirs-am\u00e9ricains. Ils avaient purement et simplement disparus du paysage blanc comme la neige dans la r\u00e9gion!<\/p>\n<p>Elle rapporte ainsi le discours des autres sur ces enfants, \u00e0 savoir, le discours des responsables des services sociaux municipaux de la jeunesse et de la population d\u2019apr\u00e8s-guerre. Elle a intitul\u00e9 un chapitre ainsi, je cite: \u00ab Recherche de la trace dans une<\/p>\n<p>4 culture de l\u2019oubli \u00bb. J\u2019aurais plut\u00f4t dit \u00ab une culture du refoulement \u00bb (Verdr\u00e4ngen). Selon elle, les Noirs-am\u00e9ricains constituaient 5 \u00e0 6 % du contingent am\u00e9ricain. La rencontre avec des soldats Noirs \u00e9tait une rupture certaine par rapport aux habitudes quotidiennes de ces populations montagnardes et repli\u00e9es sur elles-m\u00eames. Cette rupture alimentait un terreau de rumeurs, de peur, de surprise et de curiosit\u00e9 de toute sorte. Face \u00e0 ces soldats, la population aurait m\u00eame pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 les redoutables russes qui pourtant n\u2019avaient pas bonne r\u00e9putation. Cependant, une autre chose a aussi frapp\u00e9 la m\u00eame population, c\u2019est la cordialit\u00e9, la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et l\u2019amour des enfants dont faisaient montre les soldats Noirs-am\u00e9ricains. On les trouvait ouverts et avenants surtout \u00e0 l\u2019\u00e9gard des enfants1. Ce constat a \u00e9t\u00e9 fait aussi en Allemagne2 Le harc\u00e8lement des filles-m\u00e8res a pouss\u00e9 la plupart d\u2019entre-elles \u00e0 se d\u00e9barrasser de leurs enfants en les remettant aux services sociaux, encourag\u00e9es en cela par ces derniers. Au d\u00e9part des troupes am\u00e9ricaines, les services sociaux estimant que ces enfants dominos n\u2019avaient aucune perspective d\u2019avenir dans le pays, dans la mesure o\u00f9 ils \u00e9taient impossibles \u00e0 assortir \u00e0 la population autrichienne, organis\u00e8rent leur adoption \u00e0 l\u2019\u00e9tranger en l\u2019occurrence aux Etats-Unis et en Su\u00e8de! Une h\u00f4tesse de l\u2019air autrichienne de la Sabena, d\u2019origine juive, Trude Jeremias, f\u00fbt sp\u00e9cialement affect\u00e9e \u00e0 leur accompagnement. C\u2019est vraisemblablement pour cette raison que les recherches de Madame Bauer ne s\u2019attardent pas sur le probl\u00e8me d\u2019identit\u00e9 des \u00ab Enfants historiques \u00bb. . Et pour Madame Bauer, c\u2019est cette attitude qui relativisait la hi\u00e9rarchie entre d\u2019une part, occupants et occup\u00e9s et d\u2019autre part, vainqueurs et vaincus. La population l\u2019exprimait en disant: \u00ab Avec les Noirs nous arrivons mieux \u00e0 nous entendre malgr\u00e9 tout. \u00bb C\u2019est ce qui l\u2019a conduite \u00e0 la conclusion d\u2019y voir \u00ab l\u2019alliance des opprim\u00e9s \u00bb dont a parl\u00e9 Erwing Goffmann et que j\u2019ai pu confirmer aussi dans mon \u00e9tude sur le couple domino. Elle en a fait la citation suivante: \u00ab I am a slave, you are a slave \u00bb. (Je suis un esclave, vous \u00eates un esclave) Les travaux de Renate Huber ont aussi pour th\u00e8me principal les m\u00e8res autrichiennes des \u00ab Enfants historiques \u00bb, sans toutefois approfondir la crise identitaire dont ils ont pu souffrir et les recherches dans lesquelles ils se sont lanc\u00e9s dans l\u2019espoir de retrouver leur p\u00e8re. A l\u2019Universit\u00e9 de Vienne, je suis le seul \u00e0 avoir os\u00e9 travailler sur ce th\u00e8me. Mes propres recherches \u00e0 ce sujet ont pour objectif d\u2019amplifier la voix des Enfants historiques en publiant leur histoire, de les sortir petit \u00e0 petit du ghetto moral que repr\u00e9sente le Vorarlberg lors de chaque pr\u00e9sentation de mon livre (au Forum Culturel 1Putz Johannes, Diplomarbeit; Zwischen Liebe und Business, \u00d6sterreicherinnen und amerikanische Gis in der Besatzungszeit, Salzburg 1995, S. 84. 2 Brauerhoch Annette, \u201eFr\u00e4uleins\u201c und Gis, Stroemfeld\/Nexus, 2006, S. 227-228. Autrichien \u00e0 Paris, \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie Diplomatique de Vienne, \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision autrichienne et au Parlement autrichien). De les aider, autant que faire se peut, \u00e0 retrouver un peu de dignit\u00e9, et surtout, la trace du p\u00e8re inconnu. C\u2019est la raison pour laquelle j\u2019ai voulu publier ce livre en France en traduisant leurs r\u00e9cits de vie de l\u2019allemand vers le fran\u00e7ais ; je me suis limit\u00e9 \u00e0 5 d\u2019entre-eux afin de gagner du temps, et me suis efforc\u00e9 de leur trouver une autre appellation \u00e0 connotation positive: \u00ab Enfants historiques \u00bb puisqu\u2019ils sont n\u00e9s pour la plupart avec la R\u00e9publique d\u2019Autriche. Mon objectif num\u00e9ro un \u00e9tait surtout d\u2019arriver \u00e0 trouver ne f\u00fbt-ce que la trace d\u2019un seul p\u00e8re. Ce faisant, je me suis d\u00e9marqu\u00e9 de mes pr\u00e9d\u00e9cesseurs que je viens d\u2019\u00e9voquer et deux ans apr\u00e8s sa publication, c\u2019est suite \u00e0 l\u2019article du Figaro du 7 Mai 2009 que nous avons pu identifier le p\u00e8re de Madame Karin Trappel ici pr\u00e9sente.<\/p>\n<p>2) En ce qui concerne les recherches journalistiques, je distingue deux niveaux: le niveau national et le niveau provincial. Comme je viens de le dire, l\u2019activit\u00e9 m\u00e9diatique provinciale est assez abondante aussi bien pour la presse \u00e9crite qu\u2019audio-visuelle, mais il n\u2019y a pas meilleure cage de Faraday que les montagnes autrichiennes pour l\u2019emp\u00eacher de se r\u00e9pandre au niveau national ! Tout se qui se fait et se dit au Vorarlberg au sujet des \u00ab Enfants historiques \u00bb reste cantonn\u00e9 au Vorarlberg.<\/p>\n<p>Au niveau national, je signale le documentaire de Thomas Matzek de l\u2019ORF intitul\u00e9 \u00ab Autriche mon amour \u00bb avec un fond musical de Charles Tr\u00e9net \u00ab Que reste-t-il de nos amours \u00bb ? Ce documentaire montre la recherche acharn\u00e9e du p\u00e8re men\u00e9e par Madame Heidi Braun avec le soutien sans faille du m\u00eame journaliste, Thomas Matzek, et qui a abouti \u00e0 la d\u00e9couverte de sa deuxi\u00e8me famille au Maroc, bien qu\u2019elle ait appris que son p\u00e8re \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 mort depuis bien longtemps. Je rappelle que Madame Braun a connu Thomas Matzek gr\u00e2ce \u00e0 la conf\u00e9rence du Professeur Eisterer. Sans cet engagement exemplaire du journaliste, elle n\u2019y serait jamais parvenue. Enfin je terminerai ce chapitre des recherches en mentionnant deux articles: d\u2019abord celui du quotidien autrichien \u00ab Standard \u00bb du 8 Janvier 2008 avec un article de Madame Jutta Berger, la correspondante du journal au Vorarlberg et puis celui \u00e9voqu\u00e9 tout \u00e0 l\u2019heure du Figaro, qu\u2019a \u00e9crit son correspondant \u00e0 Vienne, Maurin Picard. Je tiens \u00e0 souligner l\u2019engagement personnel exceptionnel de ce dernier qui a permis l\u2019identification du p\u00e8re de Madame Trappel. Sans son engagement personnel, mon livre n\u2019aurait en fait servi qu\u2019\u00e0 grossir les rayons des biblioth\u00e8ques sur ce th\u00e8me. Permettez-moi de saisir donc cette occasion pour remercier sinc\u00e8rement tous les participants \u00e0 cette \u00ab boule de neige \u00bb ou, si vous me permettez de le dire autrement, \u00e0 ce mini \u00ab effet domino \u00bb dont l\u2019aboutissement a \u00e9t\u00e9 l\u2019identification du p\u00e8re de Madame Trappel apr\u00e8s tant d\u2019efforts et ann\u00e9es de recherches. Il s\u2019agit notamment de l\u2019association \u00ab coeurs sans fronti\u00e8res \u00bb et surtout des autorit\u00e9s fran\u00e7aises qui se sont montr\u00e9es sensibles \u00e0 sa peine. Puissent les uns et les autres trouver ici l\u2019expression de notre profonde gratitude.<\/p>\n<p>3) Quant aux recherches personnelles, elles sont pour la plupart inconnues du public tant des chercheurs, que des m\u00e9dia, car elles sont peu m\u00e9diatis\u00e9es. Il n\u2019y a que les familles concern\u00e9es elles-m\u00eames ainsi que les autorit\u00e9s administratives auxquelles elles s\u2019adressent qui en savent plus. Les int\u00e9ress\u00e9s pourtant ne cessent de tout faire pour savoir qui \u00e9tait ce p\u00e8re inconnu. Vit-il encore ? A-t-il eu d\u2019autres enfants ? Et m\u00eame, tenez-vous bien, comment s\u2019appelait-il ? Cette recherche est g\u00e9n\u00e9rale, je ne connais pas un \u00ab Enfant historique \u00bb qui y soit rest\u00e9 totalement indiff\u00e9rent toute sa vie. C\u2019est \u00e0 ce niveau que j\u2019ai constat\u00e9 une diff\u00e9rence, pour ce qui est du Vorarlberg, en effet, les enfants de p\u00e8re marocain ont g\u00e9n\u00e9ralement un document ou une preuve mat\u00e9rielle de l\u2019existence de leur p\u00e8re et ils connaissent aussi souvent son nom et parfois m\u00eame un bout de son histoire. Les enfants de p\u00e8re fran\u00e7ais en revanche, eux n\u2019ont rien. Ils ignorent presque tout, m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 son nom de famille! Ce fait s\u2019explique par la \u00ab visibilit\u00e9 \u00bb des uns et \u00ab l\u2019invisibilit\u00e9 \u00bb des autres dans la soci\u00e9t\u00e9 autrichienne. Les enfants de p\u00e8re marocain \u00e9tant \u00ab visibles \u00bb \u00e0 cause de la couleur de leur peau et de leur type de cheveux, ils ont \u00e9t\u00e9 les premiers \u00e0 \u00eatre pris pour cible tant \u00e0 l\u2019\u00e9cole que dans la rue. Cette r\u00e9action a pouss\u00e9 leur propre m\u00e8re \u00e0 intervenir en sortant de leur r\u00e9serve et en expliquant \u00e0 leur enfant l\u2019histoire de son p\u00e8re et en lui en donnant aussi des preuves mat\u00e9rielles existantes. Le succ\u00e8s de la recherche du p\u00e8re en est d\u2019autant facilit\u00e9e aujourd\u2019hui, si toutefois les personnes de bonne volont\u00e9, en l\u2019occurrence les journalistes et les autorit\u00e9s administratives veulent bien les aider dans cette d\u00e9marche. Toutefois, cette recherche n\u2019en demeure pas moins infructueuse pour ceux, ne connaissant pas le nom de leur p\u00e8re, et ne disposant d\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment mat\u00e9riel susceptible d\u2019aider \u00e0 son identification. C\u2019est le cas par exemple de Madame Margot Xander ici pr\u00e9sente. Toutefois, elle ne baisse pas les bras pour autant. Elle m\u2019a \u00e9crit \u00e0 plusieurs reprises pour me rappeler de l\u2019informer sur tous mes d\u00e9placements en France. Dans une de ses lettres, j\u2019ai fini par comprendre l\u2019espoir qui l\u2019anime; c\u2019est que, lors de rencontres comme celle-ci, quelqu\u2019un ayant connu son p\u00e8re ou entendu parler de lui puisse la contacter. Sa m\u00e8re s\u2019appelait C\u00e4cilia Lorenzin et \u00e9tait n\u00e9e le 17 Septembre 1922. Margot a encore des photos d\u2019elle la portant dans ses bras quand elle \u00e9tait b\u00e9b\u00e9. Seul le \u00ab hasard \u00bb peut l\u2019aider d\u00e9sormais. Je m\u2019en vais conclure en disant simplement qu\u2019\u00e0 ma connaissance, les chances de r\u00e9ussite dans la recherche du p\u00e8re en Autriche me semblent h\u00e9l\u00e0s extr\u00eamement faibles, surtout quand on le compare aux dossiers franco-allemands. En tout et pour tout, il n\u2019y a eu jusqu\u2019ici, \u00e0 ma modeste connaissance, que deux cas o\u00f9 les efforts des personnes concern\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 couronn\u00e9s de succ\u00e8s et ce, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019engagement exemplaire des journalistes dont celui du correspondant du Figaro \u00e0 Vienne. C\u2019est la raison pour laquelle j\u2019en appelle aux initiatives d\u2019envergure europ\u00e9enne, car une guerre mondiale ne peut et ne doit pas \u00eatre r\u00e9duite \u00e0 un simple cadre bilat\u00e9ral. Elle m\u00e9rite au moins une prise en compte \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du continent europ\u00e9en. Je vous remercie pour votre attention.<\/p>\n<p>Cl\u00e9ment Mutombo \/ Universit\u00e9 de Vienne \/ Autriche<\/p>\n<p>L\u2019organisation \u00ab LEBENSBORN \u00bb de la SS<\/p>\n<p>(C\u0153urs sans Fronti\u00e8res, CAEN 28.11.2009)<br \/>\nGeorg LILIENTHAL<\/p>\n<p>L\u2019organisation \u00ab Lebensborn \u00bb ou plus exactement l\u2019 \u00ab Association enregistr\u00e9e Lebensborn \u00bb ne fut ni un centre de procr\u00e9ation dirig\u00e9e ou bien un \u00ab haras humain \u00bb ni une institution caritative, m\u00eame si un tribunal militaire am\u00e9ricain l\u2019a affirm\u00e9 apr\u00e8s la guerre, la disculpant ainsi de toute responsabilit\u00e9 dans les crimes nazis. Cependant, en tant qu\u2019association SS, elle servit par sa sp\u00e9cificit\u00e9 la politique raciale et de peuplement national-socialiste.<\/p>\n<p>L\u2019organisation \u00ab Lebensborn \u00bb \u00e9tait une \u00e9manation de l\u2019id\u00e9ologie raciale national-socialiste : les races \u00ab inf\u00e9rieures \u00bb devaient \u00eatre combattues et extermin\u00e9es (Holocaust) et les races \u00ab sup\u00e9rieures \u00bb (par l\u00e0, il s\u2019agissait avant tout du peuple allemand) devaient prosp\u00e9rer. La promotion des races \u00ab sup\u00e9rieures \u00bb consistait \u00e0 changer les conditions politiques et sociales de telle mani\u00e8re qu\u2019elles puissent mettre au monde le plus grand nombre possible d\u2019enfants. C\u2019est pourquoi il importait peu \u00e0 Hitler que les enfants soient l\u00e9gitimes ou ill\u00e9gitimes.<\/p>\n<p>La cr\u00e9ation<\/p>\n<p>Lorsque le Reichsf\u00fchrer-SS Heinrich Himmler devint en 1935 le premier policier du Reich allemand, il estima qu\u2019environ 700.000 avortements avaient lieu annuellement. A cette \u00e9poque, les femmes qui tombaient enceintes sans \u00eatre mari\u00e9es \u00e9taient socialement exclues. Elles \u00e9taient chass\u00e9es de leurs familles, perdaient leur emploi. Beaucoup tentaient de r\u00e9soudre ce conflit par des interruptions volontaires de grossesse ill\u00e9gales. C\u2019est ici qu\u2019intervint Himmler. Pour lui, les 700.000 avortements \u00e9taient 700.000 enfants perdus. R\u00e9flexion faite, Himmler se dit alors que si personne n\u2019apprenait que les femmes \u00e9taient enceintes, les avortements n\u2019avaient plus de raison d\u2019\u00eatre. En cons\u00e9quence, il voulut lutter contre les avortements non seulement en sanctionnant les m\u00e8res, mais aussi en cachant les grossesses et les naissances.<\/p>\n<p>Afin de r\u00e9aliser cette id\u00e9e, Himmler cr\u00e9a en 1935 l\u2019organisation \u00ab Lebensborn \u00bb. D\u2019apr\u00e8s ses statuts, la mission principale de l\u2019organisation \u00e9tait de \u00ab prendre en charge les parturientes racialement et g\u00e9n\u00e9tiquement sup\u00e9rieures \u00bb et leurs enfants. Le m\u00e9decin-chef du Lebensborn, l\u2019Oberf\u00fchrer-SS Docteur Gregor Ebner, fit en 1938 la constatation suivante : une jeunesse de qualit\u00e9 sortira du Lebensborn, une jeunesse \u00ab ayant une grande valeur physique et spirituelle et constituant la noblesse de l\u2019avenir \u00bb. Le \u00ab Lebensborn \u00bb, poursuivit-il, prot\u00e8ge la m\u00e8re c\u00e9libataire et son enfant des attaques de la soci\u00e9t\u00e9 \u00ab purement et simplement en raison du fait que nous autres Allemands ne pouvons pas nous permettre de renoncer \u00e0 la moindre goutte de sang pur. \u00bb<\/p>\n<p>Les maternit\u00e9s et les foyers pour enfants<\/p>\n<p>Pour \u00eatre tout \u00e0 fait clair : le \u00ab Lebensborn \u00bb, pour des raisons d\u2019id\u00e9ologie raciale, devait soutenir les femmes enceintes. A cet effet, il cr\u00e9a des maternit\u00e9s. Le premier foyer de cette sorte fut ouvert en 1936 \u00e0 Steinh\u00f6ring pr\u00e8s de Munich. A la fin de la guerre, l\u2019organisation poss\u00e9dait \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du Reich allemand (Autriche incluse) 9 maternit\u00e9s et 2 foyers pour enfants dans lesquels 7000 \u00e0 8000 enfants &#8211; dont 50% \u00e0 60% \u00e9taient ill\u00e9gitimes \u2013 vinrent au monde.<\/p>\n<p>La confidentialit\u00e9<\/p>\n<p>Le caract\u00e8re de confidentialit\u00e9 exig\u00e9 par Himmler en ce qui concerne les grossesses et les naissances ne pouvait \u00eatre garanti qu\u2019en contournant ou en faisant abstraction du droit en vigueur. Les propres \u00e9tats-civils des foyers emp\u00each\u00e8rent ainsi que l\u2019\u00e9tat-civil du lieu de naissance de la m\u00e8re soit inform\u00e9 de la naissance d\u2019un enfant ill\u00e9gitime comme cela \u00e9tait exig\u00e9 par la loi. Afin de se soustraire \u00e0 la d\u00e9claration domiciliaire obligatoire, l\u2019organisation mit en place dans les foyers ses propres bureaux de d\u00e9claration domiciliaire et fournit aux futures m\u00e8res des adresses de couverture afin qu\u2019elles n\u2019aient pas \u00e0 d\u00e9clarer \u00e0 leur administration d\u2019origine le foyer du \u00ab Lebensborn \u00bb comme nouveau lieu de r\u00e9sidence.<\/p>\n<p>La prise en charge<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la naissance des enfants le \u00ab Lebensborn \u00bb se chargeait de leur tutelle qui, pour les enfants ill\u00e9gitimes, \u00e9tait prescrite par la loi. Du fait que le \u00ab Lebensborn \u00bb voyait un int\u00e9r\u00eat \u00e0 ce que les m\u00e8res \u00e9l\u00e8vent leurs enfants, il les aidait \u00e0 trouver un logement et du travail. C\u2019est seulement lorsque, pour des facteurs ext\u00e9rieurs, comme la guerre, la vie commune de la m\u00e8re et de l\u2019enfant n\u2019\u00e9tait pas possible que l\u2019organisation accueillait les enfants pour une p\u00e9riode bien d\u00e9termin\u00e9e dans ses propres foyers ou bien les confiait aux soins de familles.<\/p>\n<p>Les adoptions n\u2019\u00e9taient pr\u00e9vues que pour les cas exceptionnels et devaient obtenir \u00e0 chaque fois l\u2019accord de Himmler. A la fin de la guerre, seulement 100 enfants au total avaient \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9s. En raison de ces dispositions \u00e0 caract\u00e8re social, une grande partie des femmes a conserv\u00e9 en m\u00e9moire l\u2019organisation \u00ab Lebensborn \u00bb comme une institution caritative.<\/p>\n<p>L\u2019extension des \u00ab Lebensborn \u00bb apr\u00e8s le d\u00e9but de la guerre<\/p>\n<p>L\u2019organisation \u00ab Lebensborn \u00bb s\u2019est \u00e9tendue au-del\u00e0 des fronti\u00e8res du Reich lorsque les troupes allemandes ont occup\u00e9 l\u2019Ouest et le Nord de l\u2019Europe.<\/p>\n<p>La Norv\u00e8ge<\/p>\n<p>Les partisans nationaux-socialistes de la race pla\u00e7aient la valeur raciale de la population norv\u00e9gienne \u00e0 un niveau particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9. Ils consid\u00e9raient les Norv\u00e9giens comme un \u00ab peuple germanique fr\u00e8re \u00bb. C\u2019est pour cette raison que le \u00ab Lebensborn \u00bb prit tr\u00e8s rapidement en charge les quelque 12.000 enfants, la plupart ill\u00e9gitimes, n\u00e9s de m\u00e8res norv\u00e9giennes et de p\u00e8res allemands. A partir de 1941, le \u00ab Lebensborn \u00bb cr\u00e9a dans ce pays au total 10 maternit\u00e9s et foyers. Environ 250 de ces enfants furent transf\u00e9r\u00e9s en Allemagne sans l\u2019accord de leurs m\u00e8res pour y \u00eatre adopt\u00e9s.<\/p>\n<p>De plus, l\u2019organisation ouvrit une maternit\u00e9 en Belgique et une en France ainsi qu\u2019un foyer pour enfants au Luxembourg.<\/p>\n<p>En Octobre 1943, la SS estima que dans la France occup\u00e9e 85.000 enfants \u00e9taient n\u00e9s de m\u00e8res fran\u00e7aises et de p\u00e8res allemands. Pour cette raison, le \u00ab Lebensborn \u00bb ouvrit une maternit\u00e9 \u00e0 Lamorlaye, pr\u00e8s de Chantilly, le 06.02.1944. A cause de la situation sur le front elle fut ferm\u00e9e d\u00e8s le 10.08.1944. D\u2019apr\u00e8s les recherches de Boris Thiolay parues dans l\u2019Express de mai\/juin 2009, 21 enfants au maximum naquirent pendant cette p\u00e9riode.<\/p>\n<p>La germanisation des \u00ab enfants de peuples \u00e9trangers \u00bb<\/p>\n<p>A partir de 1942, le \u00ab Lebensborn \u00bb participa \u00e9galement \u00e0 la germanisation de 350 enfants, \u00e2g\u00e9s de quelques mois \u00e0 17 ans, qui, \u00e0 la suite de tests de s\u00e9lection raciale conduits par les SS, avaient \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9s de l\u2019ancienne Yougoslavie (Croatie, Slov\u00e9nie), de Pologne ou de l\u2019ancienne Tch\u00e9coslovaquie en Allemagne contre la volont\u00e9 ou bien \u00e0 l\u2019insu de leurs parents ou de leurs responsables l\u00e9gaux. Le \u00ab Lebensborn \u00bb leur donna des noms allemands, les \u00e9duqua \u00e0 l\u2019allemande dans ses foyers ou bien les confia \u00e0 des familles d\u2019accueil allemandes en vue d\u2019une adoption ult\u00e9rieure.<\/p>\n<p>La s\u00e9lection raciale<\/p>\n<p>Tout comme l\u2019ensemble de la SS, l\u2019organisation \u00ab Lebensborn \u00bb, en particulier, \u00e9tait tenue \u00e0 l\u2019esprit de la s\u00e9lection.<\/p>\n<p>L\u2019accueil<\/p>\n<p>Les parturientes \u00e9taient accueillies dans les foyers seulement si elles remplissaient les conditions raciales g\u00e9n\u00e9tiques requises par la SS. C\u2019est ainsi qu\u2019elles devaient mesurer au moins 1,70 m. Les types raciaux \u00ab ostique \u00bb et \u00ab westique \u00bb \u00e9taient refus\u00e9s, alors que les blondes aux yeux bleus \u00e9taient pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es. Les femmes devaient prouver leur qualit\u00e9 raciale et m\u00e9dicale d\u2019une part, gr\u00e2ce \u00e0 un arbre g\u00e9n\u00e9alogique des parents et des grands-parents ou m\u00eame encore mieux des anc\u00eatres jusqu\u2019\u00e0 1800 \u2013 comme cela \u00e9tait exig\u00e9 dans la SS \u2013 et d\u2019autre part par des questionnaires sp\u00e9ciaux (Questionnaire de la m\u00e8re d\u2019un enfant ill\u00e9gitime dit \u00ab KM \u00bb et \u00ab Certificat de sant\u00e9 \u00bb) qui devaient \u00eatre remplis par un m\u00e9decin. Des documents similaires \u00e9taient \u00e9galement exig\u00e9s du p\u00e8re du futur enfant.<\/p>\n<p>Le questionnaire \u00ab Reichsf\u00fchrer \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019admission dans un foyer du \u00ab Lebensborn \u00bb ne signifiait cependant pas encore un jugement racial d\u00e9finitif concernant la m\u00e8re. Pendant le s\u00e9jour dans le foyer, le m\u00e9decin-chef ainsi que l\u2019infirmi\u00e8re-chef remplissaient un autre questionnaire qui \u00e9tait uniquement destin\u00e9 \u00e0 Himmler. Ces questionnaires \u00ab Reichsf\u00fchrer \u00bb \u00e9taient tr\u00e8s secrets et \u00e9labor\u00e9s \u00e0 l\u2019insu des m\u00e8res. Dans ces questionnaires, outre des informations personnelles, figuraient l\u2019 \u00ab apparence raciale \u00bb de la m\u00e8re ainsi que son comportement dans le foyer et vis-\u00e0-vis de l\u2019enfant. En dernier lieu, il \u00e9tait demand\u00e9 si elle correspondait de mani\u00e8re \u00ab raciale \u00bb, \u00ab id\u00e9ologique \u00bb et \u00ab par son caract\u00e8re \u00bb \u00e0 la s\u00e9lection de la SS et s\u2019il \u00e9tait souhaitable qu\u2019elle ait encore d\u2019autres enfants \u00ab dans l\u2019esprit du principe de la s\u00e9lection de la SS \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019attribution du pr\u00e9nom<\/p>\n<p>Les m\u00e8res \u00e9taient \u00e9galement oblig\u00e9es de soumettre leurs enfants \u00e0 une c\u00e9r\u00e9monie SS \u00ab d\u2019attribution du pr\u00e9nom \u00bb \u00e0 la place du bapt\u00eame. Au cours de celle-ci ils \u00e9taient formellement accueillis au sein de la \u00ab communaut\u00e9 familiale de la SS \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019\u00abeuthanasie \u00bb<\/p>\n<p>Cependant, ce qui ne devait pas arriver en raison de la s\u00e9lection raciale arrivait parfois : des enfants naissaient avec des malformations, par exemple avec des pieds bots ou bien avec un bec-de-li\u00e8vre. Qu\u2019advint-il d\u2019eux ? Ils furent retir\u00e9s du foyer et le \u00ab Lebensborn \u00bb refusa la prise en charge de leur tutelle.<\/p>\n<p>Je connais jusqu\u2019\u00e0 ce jour quatre cas de tels enfants handicap\u00e9s. Ils furent transf\u00e9r\u00e9s du \u00ab Lebensborn \u00bb dans des institutions sp\u00e9ciales de soins dans lesquelles les enfants \u00e9taient tu\u00e9s apr\u00e8s une certaine p\u00e9riode d\u2019observation. Trois de ces enfants handicap\u00e9s n\u00e9s dans le \u00ab Lebensborn \u00bb furent assassin\u00e9s dans ces institutions.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9chec d\u2019une utopie<\/p>\n<p>Himmler avait r\u00eav\u00e9 que le Reich allemand, apr\u00e8s 30 ans, avec l\u2019aide du \u00ab Lebensborn \u00bb aurait pu disposer de 400.000 soldats suppl\u00e9mentaires. Cependant, apr\u00e8s neuf ans d\u2019existence du \u00ab Lebensborn \u00bb le bilan \u00e9tait tout autre : Si nous partons des quelque 8.000 naissances au sein des \u00ab Lebensborn \u00bb entre 1936 et 1945 dans le Reich allemand, dont environ 60% furent ill\u00e9gitimes, nous aboutissons au mieux \u00e0 un plus de 4.800 naissances ; un r\u00e9sultat bien maigre. L\u2019utopie de Himmler avait pitoyablement \u00e9chou\u00e9.<\/p>\n<p>Conclusion<\/p>\n<p>Que sont devenus les enfants dont les destins se cachent derri\u00e8re ces chiffres ? La plupart des enfants rest\u00e8rent plusieurs mois, parfois pendant un voire deux ans dans le \u00ab Lebensborn \u00bb. Une partie d\u2019entre eux fut ballot\u00e9e d\u2019un foyer \u00e0 un autre, de familles d\u2019accueil en familles d\u2019accueil jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils soient, pour la plupart seulement \u00e0 la fin de la guerre, adopt\u00e9s d\u00e9finitivement par des couples sans enfant. Les autres enfants furent r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s par leurs m\u00e8res apr\u00e8s une p\u00e9riode de s\u00e9paration plus ou moins longue lorsque leur situation personnelle se fut stabilis\u00e9e.<\/p>\n<p>A quelques exceptions pr\u00e8s, tous les enfants du \u00ab Lebensborn \u00bb ont en commun que leurs m\u00e8res et parents adoptifs leur dissimul\u00e8rent leur origine.<\/p>\n<p>Leurs m\u00e8res gardaient le silence ou bien accumulaient les mensonges lorsque les enfants en grandissant posaient des questions sur leurs p\u00e8res inconnus ou sur leur enfance. Les enfants ont ressenti toute leur vie que leurs m\u00e8res avaient des secrets qu\u2019elles ne voulaient pas leur confier. Dans ces conditions, il leur \u00e9tait impossible de d\u00e9velopper une relation de confiance stable et affective avec leurs m\u00e8res ou leurs parents adoptifs. De ce fait, leur estime de soi en a \u00e9t\u00e9 amoindrie. Simultan\u00e9ment, comme ils ne connaissaient pas leurs p\u00e8res g\u00e9niteurs il leur manquait une partie de leur identit\u00e9.<\/p>\n<p>Les enfants du \u00ab Lebensborn \u00bb sont marqu\u00e9s pour ne pas dire traumatis\u00e9s par ces exp\u00e9riences. C\u2019est pourquoi ils ont \u00e9t\u00e9 paralys\u00e9s pendant des ann\u00e9es de leurs vies \u00e0 l\u2019id\u00e9e de rechercher leur origine.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est que petit \u00e0 petit qu\u2019ils sont parvenus pour la plupart \u00e0 reconstruire leur enfance en proc\u00e9dant \u00e0 des recherches difficiles et douloureuses pour retrouver leurs p\u00e8res g\u00e9niteurs. Et \u00e0 trouver finalement leurs racines familiales. Un nombre inconnu d\u2019enfants du \u00ab Lebensborn \u00bb sont encore aujourd\u2019hui \u00e0 la recherche de leur enfance perdue. Surtout les enfants originaires de pays occup\u00e9s qui furent transf\u00e9r\u00e9s en Allemagne et qui ignorent tout de leurs m\u00e8res et de leurs p\u00e8res.<\/p>\n<p>Il n\u2019en va pas autrement pour les \u00ab enfants de la guerre \u00bb ici en France.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au vu des faits historiques il n\u2019est pas justifi\u00e9 de parler du \u00ab Lebensborn \u00bb comme d\u2019un centre de procr\u00e9ation dirig\u00e9e, d\u2019un \u00ab haras humain \u00bb ou m\u00eame encore d\u2019un \u00ab bordel \u00bb. Le respect que l\u2019on doit au destin de ces enfants innocents qui furent utilis\u00e9s pour les besoins de la politique raciale et d\u00e9mographique national-socialiste nous l\u2019interdit.<\/p>\n<p>[\/et_pb_text][\/et_pb_column][\/et_pb_row][\/et_pb_section]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Monsieur Le Pr\u00e9sident, chers coll\u00e8gues, Mesdames et Messieurs, Je vous remercie de nous avoir invit\u00e9s au M\u00e9morial de Caen, la petite d\u00e9l\u00e9gation autrichienne se compose de deux \u00ab enfants de la guerre \u00bb, Mesdames Karin Trappel et Margot Xander, d\u2019un journaliste du Figaro, Monsieur Maurin Picard et de moi-m\u00eame. 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Dennoch diente er als SS-Verein auf spezifische Weise der nationalsozialistischen Bev\u00f6lkerungs- und Rassenpolitik.<\/p><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">\u00a0<\/p><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">Der \"Lebensborn\" e.V. war ein Ergebnis der NS-Rassenideologie: \"Minderwertige\" Rassen mussten bek\u00e4mpft und ausgerottet (Holocaust) werden und \"hochwertige\" Rassen (damit war vor allem das deutsche Volk gemeint) mussten gef\u00f6rdert werden. Die F\u00f6rderung \"hochwertiger\" Rassen bestand darin, politische und soziale Bedingungen so zu \u00e4ndern, dass von ihnen m\u00f6glichst viele Kinder zur Welt kamen. Deshalb kam es Hitler auch nicht darauf an, ob Kinder ehelich oder unehelich geboren wurden.<\/p><h2 style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal;\">Gr\u00fcndung<\/span><\/h2><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">Als Reichsf\u00fchrer-SS Heinrich Himmler 1935 h\u00f6chster Polizeichef im Deutschen Reich wurde, ging er davon aus, dass j\u00e4hrlich ca. 700.000 Abtreibungen vorgenommen wurden. Frauen, die schwanger wurden, ohne verheiratet zu sein, wurden damals sozial ausgegrenzt. Sie wurden von der eigenen Familie verjagt, verloren ihren Arbeitsplatz. Viele versuchten, diesen Konflikt durch eine illegale Schwangerschaftsunterbrechung zu l\u00f6sen. Und hier setzte Himmler an. F\u00fcr ihn waren 700.00 Abtreibungen 700.000 verlorene Kinder. Wenn jetzt aber, so die \u00dcberlegungen Himmlers, niemand von der Schwangerschaft erfahren w\u00fcrde, w\u00fcrde damit auch der Grund f\u00fcr eine Abtreibung entfallen. Deshalb wollte er Schwangerschaftsunterbrechungen nicht nur mit Strafen bek\u00e4mpfen, sondern auch mit der Geheimhaltung von Schwangerschaft und Geburt.<\/p><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">\u00a0<\/p><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">Zur Realisierung dieser Idee gr\u00fcndete Himmler 1935 den \"Lebensborn e. V.\" Nach der Satzung war die zentrale Aufgabe des Vereins, dass er \"rassisch und erbbiologisch wertvolle werdenden M\u00fctter\" und ihre Kinder betreut. Der \u00e4rztliche Leiter des \"Lebensborn\", SS-Oberf\u00fchrer Dr. med. Gregor Ebner, stellte dar\u00fcber hinaus 1938 fest: Aus dem \"Lebensborn\" werde eine auserlesene Jugend hervorgehen, \"<strong>wertvoll an Geist und K\u00f6rper, der Adel der Zukunft<\/strong>\". Der \"Lebensborn\", fuhr er fort, sch\u00fctze die ledige Mutter und ihr Kind vor den Angriffen der Gesellschaft \"<strong>einzig und allein aus dem Gedanken heraus, da\u00df wir<\/strong><\/p><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\"><strong>Deutsche es uns nicht leisten k\u00f6nnen, auch nur auf einen einzigen Tropfen guten Blutes zu verzichten<\/strong>\".<\/p><h2 style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal;\">Entbindungs- und Kinderheime<\/span><\/h2><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">Um es noch einmal deutlich zu sagen: Der \"Lebensborn\" sollte Frauen, die bereits schwanger waren, aus rassenideologischen Gr\u00fcnden Beistand leisten. Deshalb errichtete er Entbindungsheime. Das erste Heim dieser Art wurde 1936 in Steinh\u00f6ring bei M\u00fcnchen er\u00f6ffnet. Bis Kriegsende besa\u00df der Verein im Deutschen Reich (einschlie\u00dflich \u00d6sterreich) 9 Entbindungs- und zwei Kinderheime, in denen 7000 bis 8000 Kinder, davon 50 bis 60% unehelich, zur Welt kamen.<\/p><h2 style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal;\">Geheimhaltung<\/span><\/h2><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">Die von Himmler geforderte Geheimhaltung von Schwangerschaft und Geburt konnte nur unter Ausschaltung oder Umgehung geltenden Rechts durchgef\u00fchrt werden. <strong>Eigene Heim-Standes\u00e4mter <\/strong>verhinderten, da\u00df das Geburtsstandesamt der Mutter von der Geburt eines unehelichen Kindes unterrichtet wurde, wie es gesetzlich vorgeschrieben war. Um die polizeiliche Meldepflicht zu unterlaufen, richtete der Verein in den Heimen <strong>eigene Melde\u00e4mter<\/strong> ein und verschaffte den werdenden M\u00fcttern <strong>Deckadressen<\/strong>, damit sie ihrer Heimatbeh\u00f6rde nicht das \"Lebensborn\"-Heim als neuen Aufenthaltsort nennen mu\u00dften.<\/p><h2 style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal;\">Betreuung<\/span><\/h2><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">Nach der Geburt \u00fcbernahm \"der \"Lebensborn\" die <strong>Vormundschaft<\/strong>, die bei unehelichen Kindern gesetzlich vorgeschrieben war. Da er daran interessiert war, da\u00df die M\u00fctter ihre Kinder gro\u00dfzogen, half er ihnen bei der <strong>Arbeitsplatz- und Wohnungssuche<\/strong>. Erst wenn ein Zusammenleben von Mutter und Kind aus \u00e4u\u00dferen Gr\u00fcnden - zumal im Krieg - nicht m\u00f6glich war, nahm er Kinder f\u00fcr einen befristeten Zeitraum in seine <strong>eigenen Kinderheime<\/strong> auf oder vermittelte sie in <strong>Familienpflege<\/strong>.<\/p><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">\u00a0<\/p><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\"><strong>Adoptionen <\/strong>waren nur f\u00fcr den Ausnahmefall vorgesehen und bedurften jedes Mal der pers\u00f6nlichen Zustimmung Himmlers. Bis Kriegsende wurden insgesamt nur 100 Kinder zur Adoption gegeben. Aufgrund dieser F\u00fcrsorgema\u00dfnahmen hat ein Gro\u00dfteil der Frauen den \"Lebensborn\" als eine karitative Einrichtung in Erinnerung behalten.<\/p><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">\u00a0<\/p><h2 style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal;\">Ausbreitung nach Kriegsbeginn.<\/span><\/h2><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">Mit der Besetzung West- und Nordeuropas durch die deutschen Truppen expandierte der \"Lebensborn\" \u00fcber die Reichsgrenzen hinaus.<\/p><h3 style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman';\">Norwegen<\/span><\/h3><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">Nationalsozialistischen Rassenanh\u00e4nger sch\u00e4tzen den rassischen Wert der Bev\u00f6lkerung Norwegens besonders hoch ein. Sie betrachteten die Norweger als \"germanisches Brudervolk\". Daher \u00fcbernahm der \"Lebensborn\" sehr schnell die Betreuung der rund 12.000 meist unehelichen Kinder norwegischer M\u00fctter und deutscher V\u00e4ter. Ab 1941 errichtete er dort insgesamt 10 Entbindungs- und Kinderheime. Rund 250 dieser Kinder wurden meist ohne die Zustimmung ihrer M\u00fctter nach Deutschland gebracht, wo sie adoptiert werden sollten.<\/p><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">\u00a0<\/p><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">Au\u00dferdem er\u00f6ffnete der Verein jeweils ein Entbindungsheim in <strong>Belgien<\/strong> und <strong>Frankreich <\/strong>sowie ein Kinderheim in <strong>Luxemburg<\/strong>.<\/p><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">\u00a0<\/p><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">Im besetzten Frankreich, so sch\u00e4tzte die SS im Oktober 1943, waren 85.000 Kinder mit franz\u00f6sischen M\u00fcttern und deutschen V\u00e4tern geboren worden. Aus diesem Grund er\u00f6ffnete der \"Lebensborn\" in Lamorlaye bei Chantilly am 06.02.1944 ein Entbindungsheim. Es musste aber wegen der Kriegslage bereits wieder am 10.08.1944 geschlossen werden. Nach den Recherchen von Boris Thiolay im Magazin \"L'express\" vom Mai \/Juni 2009 wurden in dieser Zeit h\u00f6chstens 21 Kinder geboren.<\/p><h3 style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman';\">Eindeutschung \"fremdv\u00f6lkischer\" Kinder<\/span><\/h3><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">Ab 1942 beteiligte sich der \"Lebensborn\" auch an der Eindeutschung von 350 Kindern im Alter von wenigen Monaten bis 17 Jahren, die nach einer rassischen Musterung durch die SS aus dem fr\u00fcheren <strong>Jugoslawien<\/strong> (Kroatien, Slowenien), <strong>Polen<\/strong> oder der ehemaligen <strong>Tschechoslowakei<\/strong> gegen den Willen oder ohne Wissen ihrer Eltern bzw. Erziehungsberechtigten nach Deutschland verschleppt worden waren. Er gab ihnen deutsche Namen, erzog sie in seinen Heimen zu deutscher Lebensweise oder vermittelte sie in deutsche Pflegefamilien zum Zwecke einer sp\u00e4teren Adoption.<\/p><h2 style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal;\">Rassische Auslese<\/span><\/h2><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">Wie die SS insgesamt, so war der \"Lebensborn\" im Besonderen dem Auslesegedanken verpflichtet.<\/p><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\"><strong><em><u>Aufnahme<\/u><\/em><\/strong><\/p><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">Werdende M\u00fctter wurden nur in die Heime aufgenommen, wenn sie den rassischen und erbbiologischen Voraussetzungen, die f\u00fcr die SS galten, entsprachen. So mu\u00dften sie mindestens 1,70 m gro\u00df sein. \"Ostische\" und \"westische\" Rassentypen wurden abgelehnt, hingegen blonde und blau\u00e4ugige bevorzugt. Mit einer Ahnentafel, die \u00fcber Eltern und Gro\u00dfeltern, besser aber noch \u00fcber Vorfahren bis zum Jahr 1800 - wie in der SS \u00fcblich - Auskunft gab, und speziellen Frageb\u00f6gen (\"Fragebogen KM\" und \"Gesundheitsnachweis\"), die von einem Arzt auszuf\u00fcllen waren, hatten die Frauen ihre gesundheitliche und rassische Tauglichkeit nachzuweisen. Entsprechende Belege wurden auch von dem Vater des zu erwartenden Kindes verlangt.<\/p><h3 style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\"><u><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman'; font-weight: normal;\">RF-Fragebogen<\/span><\/u><\/h3><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">Mit der Aufnahme in ein \"Lebensborn\"-Heim war aber noch nicht das rassische Endurteil \u00fcber die Mutter gef\u00e4llt. W\u00e4hrend des Aufenthaltes wurde vom \u00e4rztlichen Heimleiter und der Oberschwester ein weiterer Fragebogen ausgef\u00fcllt, der nur f\u00fcr Himmler bestimmt war. Diese \"RF-Fragebogen\" waren streng geheim und wurden ohne Wissen der M\u00fctter angelegt. Neben pers\u00f6nlichen Daten wurde das \"rassische Erscheinungsbild\" der Mutter notiert sowie ihr Verhalten im Heim und gegen\u00fcber dem Kind. Abschlie\u00dfend wurde gefragt, ob sie \"rassisch\", \"weltanschaulich\" und \"charakterlich\" der Auslese der SS entspreche und ob von ihr \"<strong>im Sinne des Ausleseprinzips der SS noch weitere Kinder erw\u00fcnscht<\/strong>\" seien.<\/p><h3 style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\"><u><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman'; font-weight: normal;\">Namensgebung<\/span><\/u><\/h3><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">Auch wurden die M\u00fctter gehalten, ihre Kinder anstelle der Taufe einer \"SS-Namensgebung\" zu unterziehen, wodurch sie f\u00f6rmlich in die \"SS-Sippengemeinschaft\" aufgenommen wurden.<\/p><h3 style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\"><u><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman'; font-weight: normal;\">\"Euthanasie\"<\/span><\/u><\/h3><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">Was wegen der rassischen Auslese eigentlich nicht vorkommen durfte, trat manchmal dennoch ein: Kinder kamen mit Mi\u00dfbildungen auf die Welt, z. B. mit Klumpf\u00fc\u00dfen oder einer Rachengaumenspalte. Was geschah mit ihnen? Sie wurden aus dem Heim genommen, und der \"Lebensborn\" lehnte die \u00dcbernahme ihrer Vormundschaft ab.<\/p><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">\u00a0<\/p><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">Bislang sind mir vier solcher behinderter Kinder bekannt. Sie wurden vom \"Lebensborn\" in spezielle Heil- und Pflegeanstalten verlegt, in denen Kinder nach einer gewissen Beobachtungszeit get\u00f6tet wurden. Drei dieser im \"Lebensborn\" mit Behinderungen geborenen Kinder wurden dort ermordet:<\/p><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\"><u>Gescheiterte Utopie<\/u><\/p><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">Himmler hatte die Phantasie, dass dem Deutschen Reich nach 30 Jahren mit Hilfe des \"Lebensborn\" 400.000 Soldaten mehr zur Verf\u00fcgung stehen w\u00fcrden. Die Bilanz sah aber nach 9 Jahren \"Lebensborn\" ganz anders aus: Wenn wir von ungef\u00e4hr 8.000 \"Lebensborn\"-Geburten zwischen 1936 und 1945 im Deutschen Reich ausgehen, von denen ca. 60 % unehelich waren, so w\u00e4re das allenfalls ein Plus von 4.800 Geburten; ein \u00e4u\u00dferst mageres Ergebnis. Himmlers Utopie war also kl\u00e4glich gescheitert.<\/p><h2 style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\"><span style=\"font-size: 12pt; line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal;\">Schlu\u00df<\/span><\/h2><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">Wie erging es aber den Kindern, deren Schicksale sich hinter diesen Zahlen verbergen? Die meisten Kinder blieben f\u00fcr mehrere Monate manchmal f\u00fcr ein bis zwei Jahre im \"Lebensborn\". Ein Teil von ihnen wurde von Heim zu Heim, von Pflegefamilie zu Pflegefamilie geschoben, bis sie, meist erst nach dem Krieg, von einem kinderlosen Ehepaar auf Dauer aufgenommen wurden. Die anderen Kinder wurden nach einer unterschiedlich langen Zeit der Trennung von ihren M\u00fcttern zu sich geholt, nachdem sich deren Lebenssituation stabilisiert hatte. Mit wenigen Ausnahmen ist allen \"Lebensborn\"-Kindern gemeinsam, dass ihnen von M\u00fcttern und Adoptiveltern die Herkunft verschwiegen wurde. Die M\u00fctter verstummten oder tischten L\u00fcgen auf, wenn die heranwachsenden Kinder nach den unbekannten V\u00e4tern oder der fr\u00fchen Kindheit fragten. Die Kinder sp\u00fcrten ihr Leben lang, da\u00df ihre M\u00fctter vor ihnen Geheimnisse verbargen. Unter diesen Umst\u00e4nden konnten sie kein stabiles liebevolles Vertrauensverh\u00e4ltnis zu ihren M\u00fcttern oder auch Adoptiveltern entwickeln. Dadurch wurde ihr Selbstwertgef\u00fchl geschw\u00e4cht. Gleichzeitig fehlte ihnen durch die Unkenntnis \u00fcber den leiblichen Vater ein St\u00fcck ihrer Identit\u00e4t.<\/p><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">\u00a0<\/p><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">Von diesen Erfahrungen sind die \"Lebensborn\"-Kinder gepr\u00e4gt um nicht zu sagen traumatisiert. Sie waren daher auch lange Jahre ihres Lebens gel\u00e4hmt, nach den Spuren ihrer Herkunft zu suchen. Nur allm\u00e4hlich gelang es den meisten von ihnen, in m\u00fche- und leidvollen Recherchen, den leiblichen Vater zu ermitteln, ihre Kindheit zu rekonstruieren und damit ihre famili\u00e4ren Wurzeln zu finden. Eine unbekannte Zahl von \"Lebensborn\"-Kinder sucht aber heute noch nach ihrer verlorenen Kindheit, vor allem solche Kinder, die aus besetzten L\u00e4ndern nach Deutschland verschleppt worden waren, und weder Mutter noch Vater kennen. Nicht anders ergeht es den \"Kriegskindern\" wie hier in Frankreich.<\/p><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">\u00a0<\/p><p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify; line-height: 150%;\">Angesichts der historischen Fakten ist es nicht gerechtfertigt, vom \"Lebensborn\" als einer \"Zeugungs- und Zuchtanstalt\" oder auch eines \"Bordells\" zu sprechen. Auch verbietet dies der Respekt vor dem Schicksal der unschuldigen Kinder, die vom \"Lebensborn\" f\u00fcr die Zwecke der nationalsozialistischern Bev\u00f6lkerungs- und Rassenpolitik mi\u00dfbraucht wurden.<\/p><\/div>","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[199,215],"tags":[],"class_list":["post-300","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-dokumente-de","category-verschiedene"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Uber den Lebensborn - CSF - HOG<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.coeurssansfrontieres.com\/de\/dokumente-de\/verschiedene\/uber-den-lebensborn-2\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"de_DE\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Uber den Lebensborn - CSF - HOG\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Monsieur Le Pr\u00e9sident, chers coll\u00e8gues, Mesdames et Messieurs, Je vous remercie de nous avoir invit\u00e9s au M\u00e9morial de Caen, la petite d\u00e9l\u00e9gation autrichienne se compose de deux \u00ab enfants de la guerre \u00bb, Mesdames Karin Trappel et Margot Xander, d\u2019un journaliste du Figaro, Monsieur Maurin Picard et de moi-m\u00eame. 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