{"id":162,"date":"2010-10-14T15:44:22","date_gmt":"2010-10-14T13:44:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.coeurssansfrontieres.com\/?p=162"},"modified":"2017-10-14T18:51:36","modified_gmt":"2017-10-14T16:51:36","slug":"texte-de-bernard-storch","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.coeurssansfrontieres.com\/fr\/recherches\/retrouvailles\/texte-de-bernard-storch\/","title":{"rendered":"Texte de Bernard Storch"},"content":{"rendered":"<p>[et_pb_section admin_label=\u00a0\u00bbsection\u00a0\u00bb][et_pb_row admin_label=\u00a0\u00bbrow\u00a0\u00bb][et_pb_column type=\u00a0\u00bb4_4&Prime;][et_pb_text admin_label=\u00a0\u00bbTexte\u00a0\u00bb]<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignright size-full wp-image-161\" title=\"None\" src=\"https:\/\/www.coeurssansfrontieres.com\/wp-content\/uploads\/2008\/08\/storch.jpg\" alt=\"None\" width=\"331\" height=\"331\" align=\"right\" border=\"1\" hspace=\"20\" vspace=\"20\" srcset=\"https:\/\/www.coeurssansfrontieres.com\/wp-content\/uploads\/2008\/08\/storch.jpg 331w, https:\/\/www.coeurssansfrontieres.com\/wp-content\/uploads\/2008\/08\/storch-300x300.jpg 300w, https:\/\/www.coeurssansfrontieres.com\/wp-content\/uploads\/2008\/08\/storch-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.coeurssansfrontieres.com\/wp-content\/uploads\/2008\/08\/storch-45x45.jpg 45w\" sizes=\"(max-width: 331px) 100vw, 331px\" \/>N\u00e9 en 1944 \u00e0 Weissenfels en Allemagne ex R.D.A, je suis arriv\u00e9 en France en 1947. Je fus admis \u00e0 L\u2019Assistance Publique de la Seine le 8 octobre 1947 comme Pupille de l\u2019Etat. Dans un premier temps, je fus plac\u00e9 dans une premi\u00e8re famille d\u2019accueil chez une femme qui avait perdu son mari \u00e0 la guerre. Rou\u00e9 de coups et mal nourri, je fus enlev\u00e9 in extremis pour cause de mauvais traitements.<\/p>\n<p>Imaginez-vous un peu, un enfant \u00e2g\u00e9 de 3 ans et demi, ne parlant pas un mot de fran\u00e7ais mais l\u2019allemand, arrivant chez cette femme qui venait de perdre son mari partit faire la guerre contre l\u2019Allemagne.<\/p>\n<p>Ensuite, en tr\u00e8s mauvais \u00e9tat j\u2019arrive dans un petit village de l\u2019Yonne ou je suis plac\u00e9 dans une nouvelle famille d\u2019accueil. De l\u00e0, sur les conseils d\u2019un m\u00e9decin, je pars durant une p\u00e9riode de 6 mois dans une maison sp\u00e9cialis\u00e9e (un pr\u00e9ventorium ou sanatorium) pour palier \u00e0 mon rachitisme.<\/p>\n<p>De retour dans cette deuxi\u00e8me famille d\u2019accueil, je rentre \u00e0 l\u2019\u00e9cole du village ne sachant bien-s\u00fbr, encore pas parler fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>D\u00e8s ce moment l\u00e0, en moi, mes souvenirs commenc\u00e8rent \u00e0 revenir tout doucement. D\u2019abord cette femme. Qui m\u2019hurlait dessus et qui n\u2019avait rien d\u2019humain qui me garda 6 mois durant lesquels je suis rest\u00e9 nuits et jours accroupi entre une maie et une comtoise sans le droit d\u2019en bouger. Qui me donnait \u00e0 manger et \u00e0 boire dans une gamelle \u00e0 m\u00eame le sol. Qui me faisait sortir nu comme un vers pour me laver \u00e0 l\u2019eau froide dans une vieille lessiveuse \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Bien-s\u00fbr, chez cette nouvelle famille d\u2019accueil, j\u2019avais \u00e0 manger et \u00e0 boire, mais je savais, j\u2019\u00e9tais diff\u00e9rent. Ce n\u2019\u00e9tait pas mes parents bien que je les appelais papa et maman. A l\u2019\u00e9cole, j\u2019\u00e9tais le boche, le sale petit prussien apprenant le fran\u00e7ais. Chez mes parents nourriciers, l\u2019affection prodigu\u00e9e \u00e0 mon \u00e9gard n\u2019\u00e9tait pas de mise. Aucun soutien, aucune aide de nulle part lorsque les autres enfants m\u2019insultaient. Car pour eux, j\u2019\u00e9tais le \u00ab sale prussien \u00bb et le \u00ab sale boche \u00bb.<\/p>\n<p>Certains adultes me traitaient de \u00ab sauvage de boche \u00bb, lorsque j\u2019avais l\u2019audace de passer trop pr\u00e8s de leur maison. Mais la plupart m\u2019ignoraient. A me sentir seul, ainsi rejet\u00e9, humili\u00e9, je devenais de plus en plus renferm\u00e9 sur moi-m\u00eame et de plus en plus dur avec mes camarades de classe.<\/p>\n<p>A cause de mes pitreries, de tous mes tours pendables et mon manque de motivation \u00e0 \u00e9tudier, j\u2019\u00e9tais tr\u00e8s souvent puni par mes parents et le Ma\u00eetre d\u2019\u00e9cole.<\/p>\n<p>Mes nuits \u00e9taient souvent peupl\u00e9es de cauchemars.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je n\u2019en pouvais plus, il fallait que je sache qui j\u2019\u00e9tais, qui \u00e9taient mes parents et d\u2019o\u00f9 je venais. D\u00e8s l\u2019\u00e2ge de 12 ans, je commen\u00e7ai alors \u00e0 poser des questions \u00e0 mes parents nourriciers, \u00e0 mon Directeur d\u2019Agence et \u00e0 l\u2019Assistante Sociale. Aucun d\u2019eux ne pouvaient ou ne voulaient me r\u00e9pondre. Je dus attendre l\u2019\u00e2ge de 21 ans avant d\u2019avoir un d\u00e9but de r\u00e9ponse avec le document qui me fut envoy\u00e9 par L\u2019Assistance Publique de La Seine \u00e0 Paris. Document qui faisait mention de la d\u00e9claration faite en vue de me procurer la nationalit\u00e9 fran\u00e7aise. A cette \u00e2ge ayant atteint ma majorit\u00e9 et n\u2019\u00e9tant plus sous la responsabilit\u00e9 de l\u2019A.P j\u2019ai commenc\u00e9 mes recherches.<\/p>\n<p>En 1975, s\u2019\u00e9tablirent mes premiers contact et courriers avec la Croix Rouge bas\u00e9e \u00e0 Arolsen en Allemagne. A partir de l\u00e0, n\u2019ayant que cette piste je me suis rendu en 1978 puis en 1979 en RDA. En huit jours, j\u2019ai retrouv\u00e9 toute une partie de ma famille. Je savais dor\u00e9navant que mon p\u00e8re \u00e9tait d\u2019origine fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Il ma fallait continuer afin de retrouver mes origines en France. C\u2019\u00e9tait terrible de vivre en France, de savoir que mon p\u00e8re \u00e9tait d\u2019origine fran\u00e7aise et de ne pouvoir savoir qui il \u00e9tait. Pr\u00e9s d\u2019un demi-si\u00e8cle apr\u00e8s, avec la r\u00e9ponse du service de la Wast \u00e0 Berlin et \u00e0 l\u2019aube de mes 63 ans mes recherches aboutirent.<\/p>\n<p>Le plus dur dont je souffrais, ce n\u2019\u00e9tait pas d\u2019\u00eatre de l\u2019Assistance Publique, mais de ne pas savoir qui j\u2019\u00e9tais, d\u2019o\u00f9 je venais et de n\u2019avoir aucune r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>Maintenant, le petit prussien que j\u2019\u00e9tais et le fran\u00e7ais que je suis ont fait la paix.<\/p>\n<hr noshade=\"noshade\" size=\"1\" width=\"100%\" \/>\n<p><strong>Les personnes qui souhaitent se procurer le livre peuvent s&rsquo;adresser \u00e0 l&rsquo;auteur en composant le 06 75 03 46 73.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>[\/et_pb_text][\/et_pb_column][\/et_pb_row][\/et_pb_section]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u00e9 en 1944 \u00e0 Weissenfels en Allemagne ex R.D.A, je suis arriv\u00e9 en France en 1947. 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Je dus attendre l\u2019\u00e2ge de 21 ans avant d\u2019avoir un d\u00e9but de r\u00e9ponse avec le document qui me fut envoy\u00e9 par L\u2019Assistance Publique de La Seine \u00e0 Paris. Document qui faisait mention de la d\u00e9claration faite en vue de me procurer la nationalit\u00e9 fran\u00e7aise. A cette \u00e2ge ayant atteint ma majorit\u00e9 et n\u2019\u00e9tant plus sous la responsabilit\u00e9 de l\u2019A.P j\u2019ai commenc\u00e9 mes recherches.<\/p><p>En 1975, s\u2019\u00e9tablirent mes premiers contact et courriers avec la Croix Rouge bas\u00e9e \u00e0 Arolsen en Allemagne. A partir de l\u00e0, n\u2019ayant que cette piste je me suis rendu en 1978 puis en 1979 en RDA. En huit jours, j\u2019ai retrouv\u00e9 toute une partie de ma famille. Je savais dor\u00e9navant que mon p\u00e8re \u00e9tait d\u2019origine fran\u00e7aise.<\/p><p>Il ma fallait continuer afin de retrouver mes origines en France. 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