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Ça y est ! Ce voyage à Berlin qu’un certain nombre d’entre nous attendait avec impatience a eu lieu…

Envisagé depuis pas mal de temps, il fut décidé lors de l’Assemblée générale de Cœurs sans frontières à Caen le 29 novembre 2009. Chacun se souvient de ce débat passionné qui portait non pas sur la pertinence de ce déplacement, mais sur le choix de la date.
Le projet adopté, Jean-Paul, notre trésorier, transformé en ” gentil organisateur ” s’est dépensé sans compter pour nous offrir une remarquable prestation ” clés en mains ” dont le rapport qualité-prix ne permet aucune critique.
Les inscriptions arrivèrent petit à petit, suivies de quelques défections, mais le nombre minimum de participants fut atteint. Tout allait pour le mieux….

Il y eut, tout d’abord, la catastrophe de l’aéronef Présidentiel polonais qui, heureusement, n’affecta en rien l’enthousiasme des membres de notre association décidés à se rendre en avion à Berlin.

Plus sournois et dévastateur fût le réveil du volcan Eyjafjöll recouvrant depuis son Islande natale, une grande partie du ciel européen avec un épais nuage de cendres de nature à paralyser le transport aérien…..

Il en fallait plus que cela pour décourager cette bande d’amis qui voulaient absolument découvrir Berlin !
Après une rapide évaluation des besoins, un covoiturage est organisé le dimanche 18 avril avec deux véhicules depuis la Normandie, amenant à Paris, Hélène, Marcelle et Erik ainsi que Jean-Paul. Après une nuit dans la capitale, nos amis sont rejoints le lundi par Marie-Jo et Jean. A la frontière belge Evelyne prend place à bord de cette équipée.
Malgré les autoroutes allemandes fluides, à trois voies et où la vitesse n’est pas toujours limitée, malgré des GPS parfois facétieux, l’arrivée à Berlin se produit vers vingt et une heures….Ouf ! … Quel moment !

Premier pas posé sur le sol berlinois devant le Quality Hôtel, dans le quartier de Tegel, mais surtout retrouvailles ou présentations avec les amis déjà présents, Crista et Daniel, Cornelia et Klaus, Michèle et Hubert…….que d’émotion, un de nos membres retrouve son frère allemand et son épouse.
Après un tel voyage et un tel moment d’amitié partagée, la soirée ne peut se terminer qu’autour d’une table, ce qui est fait avec un grand plaisir.

Le mardi, la journée commence, comme il se doit, par le ” frühstück “, un petit-déjeuner ” à l’allemande ” c’est à dire très copieux, allant du café aux jus de fruits en passant par la charcuterie, les pommes de terre, les fromages, les pâtisseries et autres salades de fruits.
Certains ont observé qu’un membre du groupe s’est levé plus tôt pour aller faire des photos au bord du magnifique Schäfersee (jardin public avec petit lac) à quelques centaines de mètres de l’hôtel.

Neuf heures ! Rassemblement et trajet à pied vers la station de métro, (ici on dit le ” U-Bahn “) Franz-Neumann-Platz pour se rendre à la WASt.
Parvenus devant le 179 de l’Eichborndamm et sa typique façade en briques rouges, nous retrouvons Nicole et Jean-Jacques ainsi que Stéphanie.

Nous sommes alors accueillis par Marie-Cécile Zipperling qui nous accompagnera une grande partie de cette journée.
Nous voici donc dans le saint des saints, la WASt, les archives de la Wehrmacht !
Nous visitons avec attention, émotion et respect une grande partie de ce lieu de mémoire par excellence. Derrière les dix-huit millions de dossiers et de fiches méticuleusement classés, il y a autant de vies déchirées, de drames, dont beaucoup seront, malheureusement, oubliés à jamais.
Quelques membres de notre groupe auront en main un document concernant leur Papa…..
Outre la recherche de leur Père, pour les enfants de la guerre, la WASt réalise aussi un travail de fourmi en matière d’identification d’objets personnels retrouvés sur des sites de combat. Elle collationne les informations concernant les sépultures, elle collecte aussi des renseignements sur les prisonniers français disparus en Allemagne…etc…
Hélas, le temps passe très vite et voici le moment de déjeuner dans le restaurant de la WASt. Repas très correct, mais en Allemagne on mange peu à midi.

La tête et l’estomac déjà bien remplis, nous regagnons le U-Bahn et prenons la direction de l’Alexander Platz.
C’est là qu’un car à impériale découvert va nous faire découvrir, pendant une bonne partie de l’après-midi, BERLIN, ville magnifique, très étendue, très aérée, avec beaucoup d’espaces verts et de cours d’eau….

On ne peut pas ne pas penser à Alphonse Allais et son rêve de ville située à la campagne.
Cette découverte de Berlin en car est vraiment la meilleure manière de faire connaissance avec cette attachante ville. Le circuit est très complet.
A noter que vingt et un ans se sont écoulés depuis la chute du Mur et l’urbanisation a beaucoup évolué, il est donc pratiquement impossible de déterminer ” de visu ” dans quel ancien secteur on se trouve.
Tout a une fin et notre car nous dépose Alexander Platz, ce coeur de Berlin repérable de très loin grâce à sa célèbre tour de la télévision, haute de trois cent soixante huit mètres.
Maintenant, notre bande de berlinois va effectuer une belle et longue visite à pied de quartiers typiques sous la conduite avisée et efficace de Marie-Cécile Zipperling.
Voici l’occasion de remercier sincèrement Marie-Cécile pour sa disponibilité, sa prévenance, son accueil et sa gentillesse durant toute cette première journée.
Cette fois, il commence à se faire tard, il ne fait pas très chaud, c’est donc l’heure du retour au Quality Hôtel. Un agréable dîner, dans une ambiance feutrée, nous attend pour évoquer cette mythique journée et préparer celle du lendemain.

Mercredi matin, c’est décidé le groupe restera homogène pendant cette nouvelle journée dite libre.
Un membre s’étant levé de bonne heure, s’est cependant rendu par le bus 128 à l’aéroport de Tegel. Une parenthèse pour observer que la zone de Tegel, du temps du Mur, se trouvait dans le secteur d’occupation par les troupes françaises. On peut y trouver, outre un Centre culturel français, une Porte Anatole-France ainsi qu’une rue Jean-Mermoz.
Donc, après l’incontournable Frühstück, la bande de berlinois se rend à la station du U-Bahn.
Là, après que Klaus soit venu à bout d’un distributeur récalcitrant, munis de billets de groupe, nous nous engouffrons dans une rame en direction de Wittenau….sauf qu’il aurait fallu partir dans l’autre sens ! Franche rigolade, première station on change de sens, cette fois direction Herrmannstrasse puis la Porte de Brandebourg, autre symbole de Berlin.
Notre groupe, heureux, solidaire et convivial, découvre ensuite le Bundestag sans cependant pouvoir le visiter, l’importante file d’attente étant dissuasive. Nos pas nous conduisent au Mémorial de l’Holocauste puis à la Postdamer Platz.
Là, devant quelques mètres de vestiges du Mur, des vendeurs, en costume militaire d’époque, proposent des visas, tamponnés devant soi, à la date du jour, munis des cachets des quatre autorités se partageant Berlin.
Au moment où nous arrivons sous l’immense et superbe verrière du Sony Center, le ciel se fâche et nous déverse un désagréable grésil. Nous en profitons pour déjeuner à l’abri.
Avec l’accalmie, nous repartons vers le Bundesrat, nous passons devant un parc de Trabant à louer, nous flânons à Check Point Charly, franchissons une nouvelle fois un pont sur la Spree et atteignons le quartier Juif. Certains visitent la nouvelle synagogue pendant que les autres, transis, se réconfortent avec un chocolat chaud dans un restaurant…hindou. Le temps étant de plus en plus menaçant, c’est à une allure soutenue que la ” bande ” regagne l’Alexander Platz pour un retour en U-Bahn au Quality Hôtel.
Dans le métro de Berlin, il n’y a pas de portillons, l’accès aux quais est libre ; les gens ne courent pas, si un métro va partir, on attend gentiment le suivant, les rames et les emprises sont propres……
C’est l’heure du dîner, mais pour changer, nous nous retrouvons autour d’une grande table dans un restaurant Croate proche de l’hôtel. Là, comme pendant tout ce court séjour, les conversations portent sur des échanges de vécus, des réflexions personnelles et des espoirs.

Jeudi matin, les berlinois se retrouvent pour le dernier Frühstück de ce voyage. Et puis ce sont les embrassades, les au revoir, les échanges de coordonnées. Le voyage retour sera très long pour certains, mais tout le séjour se sera parfaitement déroulé, sans la moindre ombre, malgré le contretemps imposé par la suppression du trafic aérien.
Un membre sera cependant resté un jour de plus à Berlin pour découvrir le quartier où son Père a résidé et assouvir sa passion de photographies ferroviaires dans la Hauptbahnof construite il y a quatre ans. Il rejoindra la France par le train, dans la journée de vendredi.

Un dernier mot pour évoquer la qualité de vie à Berlin. Joachim Du Bellay a parlé, dans un de ses poèmes de la douceur angevine, lorsque
l’on a découvert Berlin on ne peut que saluer sa douceur berlinoise.

Pour ceux qui ont eu la chance de participer à ce premier voyage, pour ceux qui n’ont pas pu venir, pour les futurs membres de notre association, il convient de savoir que le comité directeur de Coeurs sans frontières travaille sérieusement sur l’édition 2011 !

Encore merci à Jean-Paul pour sa parfaite organisation ainsi que pour sa contribution à ce texte.

Jean WILLEMIN

Membre du Comité Directeur