Journal de guerre de captivité (1939-1945) 

René Martin

Ce livre retrace les étapes du parcours d’un jeune provincial, né en 1913, jeté dans l’euphorie de la ” drôle de guerre “, acteur de la bataille des Ardennes, témoin de la Débâcle, fait prisonnier à Lille en mai 1940 et transporté en Autriche pour y travailler pendant cinq ans dans deux Kommandos agricoles successifs. On ne trouvera pas dans ces pages un récit de plus sur la guerre de 1939-1945 ou la vie dans les camps.
À la fois acteur et témoin, René Martin sait prendre le recul nécessaire, non seulement pour décrire ce qu’il vit et ce qu’il voit – il possède un art consommé du portrait et de la ” chose vue ” -, mais pour commenter chaque situation en fonction de ses états d’âme du moment. Nourri de culture classique, partageant les préjugés de son temps, sans illusion sur ses semblables et lucide sur lui-même, amoureux fou de la nature, l’auteur, qui se rêve en ” poète laboureur “, n’hésite pas à se mettre à nu: profondément croyant, il exprime à plusieurs reprises les doutes existentiels qui l’assaillent.
L’ouvrage, usant habilement de la chronologie – ouvert sur la Débâcle de l’armée française en 1940, il se clôt sur le repli non moins lamentable de l’armée allemande d’Italie en 1945 – vaut peut-être plus encore par son style élégant, soutenu sans être pédant, fruit d’une réécriture ” à froid ” peu de temps après le retour de captivité. Ce témoignage sincère, où se mêlent au gré des humeurs tableaux pittoresques, scènes de genre et réflexions personnelles, est digne des modèles dont son auteur se réclame.
Il mérite de sortir du silence auquel la modestie de son auteur l’a contraint pendant plus de soixante ans. Comme il le pressentait, René Martin n’a pu mener la vie dont il rêvait. Après l’arrêt de la féculerie familiale, pourvoyeuse d’amidon pour l’industrie textile, bientôt emportée par la crise qui a frappé toute la région, il s’est trouvé contraint, pour élever sa nombreuse famille, de se livrer au commerce du bois de chauffage.
Très engagé dans la vie associative locale, il vit toujours à Amplepuis dans sa maison natale.

René Martin
BGA PERMEZEL
paru le : 30/01/2007