Un parcours de 48 ans

 

Je vous envoie mon histoire franco-allemande.

Je ne pourrais la raconter en public sans pleurer, ce que je ne veux pas.

Je suis née en 1942 dans un petit village. A quinze ans j’ai « osé » après maintes hésitations, demander à ma mère « qui était mon père ». J’avais entendu des conversations et je savais sa nationalité.

Ma mère m’a répondu très gentiment. En peu de temps j’ai tout appris. Son nom, son prénom, son métier, son lieu de naissance. Bien entendu où il était basé pendant la guerre. Il était dans le LUFTWAFFE.

A 24 ans je me suis décidée à écrire à la mairie de son lieu de naissance. C’était malheureusement en zone russe. Il m’a été répondu que les bombardiers Américains avaient « tout détruit ».

En 1980 j’ai écrit à la Croix-Rouge Allemande pour laquelle j’ai eu une réponse négative.

En 2009 ma fille s’est mise en relation avec Marie-Cécile ZIPPRERLING cette dernière nous a appris qu’elle avait retrouvé mon père. Il était décédé depuis 1987. Elle avait aussi retrouvé 1 frère qui demeure à Berlin.

Madame ZIPPERLING s’est mise en relation avec lui. Elle lui a envoyé un courrier que j’avais rédigé avec ma photo. La réponse a été immédiate. Il m’a écrit, envoyé des photos et m’a annoncé qu’ils étaient 3 frères. Ce fut une grande surprise ! Ce frère est venu me voir en France très rapidement. Puis sur l’invitation des 2 autres frères je me suis rendue en Allemagne.

Nous nous voyons régulièrement. Pour mes 70 ans ma fille m’a fait une surprise. Mes 3 frères étaient là avec leurs épouses et neveu. C’était une très belle fête avec ma famille française et ma famille allemande réunies.

Puis, j’ai déposé à l’Ambassade d’Allemagne un dossier de naturalisation, j’ai reçu mon acte de naturalisation fin 2013 et en mars 2014, j’ai reçu mon passeport Allemand des mains de l’Ambassadrice d’Allemagne, lors d’une petite cérémonie.

C’est l’aboutissement d’une longue attente ! 48 ans après mes premières démarches.

C’est à la fois une fin et un début très heureux, il ne faut jamais désespérer.

Voilà ce que je peux vous dire.

J’espère que beaucoup d’entre vous, connaitront la joie de retrouver leur famille allemande.

Martine