Septembre 2011, retrouvailles sur le parking de Betty

Septembre 2013, Betty chez ses cousins

Septembre 2013 – Christiane et Betty devant le mur de Berlin

Betty et Christiane, 2 cousines se retrouvent

Les enfants de guerre savent qu’il est très difficile pour une famille d’observer un secret total sur de longues années. Des paroles malencontreuses, un document mal dissimulé, et l’enfant s’interroge, pressent que quelque chose le concernant lui échappe. Commence alors pour lui une longue quête.

Parfois alors que l’intéressé n’espère plus, le passé surgit inopinément et redonne l’espoir de découvrir enfin ce qui a été tu.

Betty, adhérente de la région Sud-est, a proposé en ces termes de raconter son histoire :

« Vous pouvez tout écrire sur site, si cela peut donner espoir à certains ou certaines, cela me fera plaisir »

Le récit de Betty :

Je savais depuis l’âge de 13/14 ans, par ma tante, que j’étais la fille d’un Allemand, mais je n’ai jamais rien appris de ma mère.

Elle est  décédée en 2001 et mes frères en débarrassant la maison ont trouvé dans son armoire une centaine de lettres de mon père, dont beaucoup avaient une adresse au dos et surtout quand il est parti en permission en Allemagne, son adresse là-bas (à la frontière Polonaise) lettres de 1942 à Juin 1944 (j’ai même appris récemment qu’il était reçu chez mes grands-parents, et que ceux-ci ont été dénoncés à la libération par de charmants voisins !!! ).

J’ai fait, seule, quelques recherches sur internet vite abandonnées.

Or en 2009, j’ai eu l’adresse de CSF au journal de 13h de TF1. Aidée par Jeanne, déléguée régionale de la région Sud-est et d’un autre membre de CSF, ma famille allemande a été retrouvée en moins d’un an !!!

Hélas, mon père était décédé depuis 1970 et mon demi-frère depuis 2004.

Ils sont morts très jeunes.

En janvier 2010, j’ai reçu par l’intermédiaire de la Deutsche Dienststelle Wast une belle lettre de ma cousine, la fille de la sœur de mon père, et aussi pour la première fois une photo de mon père, que d’émotion !!!

Quelques jours après j’ai reçu un appel téléphonique de Berlin et en Français ! C’était le gendre de cette cousine qui est Français. C’est lui et sa femme que j’ai eu le plaisir d’accueillir chez moi les premiers en mai 2010.

Nous avons correspondu continuellement sur internet. Puis  en septembre 2011 ma cousine et son mari, sont venus passer 3 jours, dans les Vosges ou j’habite depuis 4 ans. C’était la première fois que nous nous voyions pour de vrai !  Sur mon parking !!!

Depuis il fallait trouver le bon moment pour une visite chez eux, car ma cousine travaille. Ce fut fait en septembre 2013 (pour la première fois je mettais les pieds en Allemagne ! ).

J’ai été reçu comme une princesse. En 5 jours j’ai visité Berlin en bus, métro et bateau !!! un régal, je suis tombée amoureuse de cette ville ; ensuite direction 230 km au nord ou ils habitent à Tessin et ce fut tous les jours de 9h jusqu’à 18h des visites superbes jusqu’à la mer Baltique et Rostock. Voilà mon histoire.

Nous nous écrivons régulièrement; Ils ne parlent pas Français et moi pas Allemand, heureusement qu’il y a l’Anglais !!!

Je joins 3 photos, une est notre première rencontre sur mon parking, la seconde chez eux en septembre, la troisième nous deux devant les morceaux du mur de Berlin, très émouvante pour moi, car mon père était en Allemagne de l’Est. 

Christiane, cousine allemande de Betty, apprenant qu’une rencontre franco-allemande allait avoir lieu à Strasbourg en novembre 2013, a décidé de nous faire parvenir ce très gentil message :

« J’ai appris par Betty  que vous avez cette semaine votre prochaine réunion à Strasbourg, je profite de l’occasion pour vous remercier pour votre engagement et votre aide quant à la recherche de personnes oubliées à qui la guerre a infligé des séparations aux conséquences désastreuses.

Il y a encore 4 ans, je ne connaissais pas l’existence de ma cousine Betty. Grâce à d’heureuses circonstances et grâce à votre aide nous avons pu apprendre à nous connaître et ainsi réunir une partie de la famille. Je suis très heureuse que nous nous soyons trouvées et que je puisse en plus de mes connaissances et informations personnelles sur le papa de Betty, profiter de vos informations.

Malheureusement, le papa de Betty, mon oncle, est mort prématurément (j’étais encore une enfant). De même, son fils (le 1/2 frère de Betty) est tombé gravement malade à 56 ans et est mort de maladie, la même que celle de son père, en 2004.

Septembre de cette année fut exceptionnel. Enfin, nous avions réussi ! Betty est venue pour la première fois en Allemagne, le pays dans lequel son père a vécu. Elle est venue chez nous dans notre famille, à Tessin.

C’est une période très belle, très intense mais aussi très courte que nous avons partagée. Nous avons communiqué en anglais car je ne parle malheureusement pas le français.

Encore une fois merci à vous personnellement pour vos contacts, votre organisation qui nous a permis de nous retrouver.

Je vous souhaite encore beaucoup de succès. »